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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 19:03

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Les restes d'un château d'eau

 

 

          Accueil à Backa Palanka

 

 

 

 

 

 

 

Mon hôtesse devant la maison de retraite

 

 

 

 

    

 

Travaux effectués par les résidents et repas à la maison de retraite

 

 












 

 







Michel, chef de chœur de la Viva Auvergne et initiateur de la tournée Balkans

 

Une petite partie de la technique







 

 

 

 

 

 

 

 

Départ de Backa-Pallanka. Mon hôtesse se trouve en haut à gauche (la dame avec le vêtement Bleu marine

 

 

 

Sarajevo vue prise à l'auberge de jeunesse

 

 

Un des nombreux poteaux ou l'on peut voir le nom de personnes mortes pendant la guerre

 

 

 

 

Façade d'un immeuble, c'est aussi ça la guerre

 

 

Monument aux morts dédié aux soldats de la Forpronu (mon pire cauchemard)

 

 

 

Les noms de quelques soldats français morts à Sarajevo

 

 

Pierres tombales plantées de-ci de-là comme des champignons

 

 

 

Centre culturel refait dans le style de l'ancien

 

 

 

 

La maison de l'armée, elle porte encore de nombreux impacts de balles

 

 

 

 

Jeu d'échecs géant "sport favori des anciens"

 

 

 

La statue aux pigeons où vrais et faux sont mélangés

 

 

 

 

Eglise Orthodoxe

 

 

 

La Cathédrale Catholique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mosquée du vieux Sarajevo

 

 

 

 

 

Affiche du concert de Sarajevo

 

 

 

 

 

 

Les stigmates de la guerre sont encore bien présents

 

 

 

 

 

 

 

Façade de la bibliothèque

 

 

 

 

 

 

Rue pietonne du vieux Sarajevo

 

 

 

Spécialités culinaires, les français à table

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Départ de Sarajevo (photos prises du car)

 

 

 

 

Jovan Divjac et son association

 

 

 

 

 

 

Couverture du livre "Sarajevo mon amour"

        

   

 

 

PULA – Vestiges gallo-romains

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Mairie

 

 

 

  

 

 

   

 

 

 

 

 

 

Les bords de l'Adriatique

 

 

 

 

 

 

 

Affiche du concert de Pula

Dommage, la symbolique de cette affiche n'aura rien à voir avec le rendu du concert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CONCERT DE PULA

 

 

 

                   VENISE

 

 

 

         

 

              

ARTISTES DE RUE

 

 

MUSICIEN SUR VERRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FABRICATION DE SAUTERELLES AVEC DES FEUILLES

 

 

GONDOLE ET MASQUE DE CARNAVAL

 

 

 

 

 

LA PLACE SAN MARCO

           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les gondoles à quai

 

 

 

 

 

Eglise della Salute

Par DEQUIDT - Publié dans : mariebrigitte
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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 18:56

Maintenant je peux commencer le récit de mon voyage

1er mai départ pour la "grande aventure"

11 H 15 départ de Saumur avec Claudine, une autre choriste pour Noyant où nous nous sommes donné rendez-vous pour partir à Clermont-Ferrand, nous avons organisé notre covoiturage pour ne partir qu'à 7 voitures pour 28 choristes. Tout le monde est bien à l'heure. Claudette, une choriste qui ne peut pas venir nous fait apporter par Jean, son mari, de jolis brins de muguet pour nous porter chance pendant la tournée, quelle délicate attention.

Les autres années c'est la Viva qui organisait les tournées dans les Balkans, une fois en juillet, une fois en août, mais cette fois, ce sont nos amis des Balkans qui nous reçoivent et ils préfèrent le mois de mai car à cette période de l'année ils sont plus sûrs de remplir les salles. Cela nous prive de nos choristes professeurs d'école ou de collège. Chantal notre chef de chœur ne peut donc pas être du voyage. Jocelyne, une autre choriste ne peut venir non plus, elle accompagne son mari pour un "au revoir", elle a déjà fait les précédentes tournées et on voit qu'elle en a "gros sur la patate" de ne pouvoir venir, les larmes ne sont pas loin.

A midi en route pour Clermont-Ferrand. Après deux arrêts sur les aires d'autoroute nous arrivons. Là un léger problème nous attend, nous sortons trop tôt de Clermont et nous nous paumons. Le rendez-vous est à 17 H 30 dans la cour des cars Nenot à Beaumont. Après avoir pas mal tourné et viré nous demandons notre chemin et la personne se propose de nous escorter ce qui est vraiment sympa de sa part.

A 18 h 15 tout le monde est installé dans les cars, les gens de la Viva Auvergne et ceux de la Viva Pays de la Loire (ceux de méditerranée nous rejoindront plus tard), nous partons pour une nuit de car. De 20 H à 21 H arrêt repos, premier pique-nique "tiré du sac" puis nous profitons des pâtisseries fabriquées par nos amies Clermontoises. Nous reprenons le car et nous visionnons un DVD de la Viva.

Vers 23 heures, autre arrêt et changement de chauffeur. Chacun essaie de s'installer comme il le peut, les oreillers gonflables sont de sortie. Une dame s'installe dans l'allée centrale avec une couverture de survie mais chaque fois qu'elle bouge on dirait un froissement de sacs plastiques, elle se rend compte que c'est désagréable pour les autres et finalement elle regagne un siège. Nos amis de la Viva Med ne nous ayant pas encore rejoints il reste des places libres dans le car. Je vais dans le fond, j'occupe deux sièges et j'arrive quand même à dormir en "pointillés"

2 mai Nous nous arrêtons sur l'aire d'autoroute de Mestre prendre notre petit déjeuner et faire un petit brin de toilette. On voit qu'on est en Italie, ça braille de partout. Ensuite nous nous rendons à l'hôtel Holiday, nos amis de la Viva Med nous attendent, ils sont arrivés la veille au soir et eux, ont bien dormi.

Nos deux cars sont stationnés devant l'hôtel ce qui semble gêner une dame qui nous mitraille avec son appareil photos sans doute pour se plaindre auprès de la municipalité.

Nous sommes tout près de Venise que nous ne verrons pas cette fois-ci.

Le chauffeur se présente aux nouveaux arrivants, il s'appelle Florent, une dame n'a pas compris qu'il s'agissait du chauffeur et lui demande de se mettre debout dans l'allée pour voir qui il est, bien sûr cela fait rire tout le monde et rappelle à ceux qui ont fait les précédentes tournées, que c'étaient les chauffeurs Bosniens qui venaient récupérer les Français (les cars français n'ayant pas droit de circuler en Bosnie), les changements de chauffeurs se faisaient en roulant et les cars étaient en piteux état avec un système de freinage qui laissait souvent à désirer.

11 H nouvel arrêt, la station service s'appelle" VIVA", ça ne s'invente pas.

Nous traversons la Slovénie, le paysage est vallonné et verdoyant, la Slovénie ayant pris son indépendance avant les évènements il n'y a bien sûr aucune trace de guerre, nous traversons de jolis petits villages, les constructions sont belles, les arbres fruitiers sont en fleurs et nous voyons quelques stations de ski. J'essaie désespérément de prendre des photos mais en car ce n'est pas toujours facile, entre les reflets sur les vitres, les têtes qui bougent et le fait qu'en roulant, ce que je veux prendre est déjà passé quand j'appuie sur le déclencheur, j'abdique rapidement.

13 H Repas pique-nique "tiré du sac" c'est à dire que le pique-nique du 1er mai au soir et celui du 2 mai midi, ont été mis par nos soins dans nos sacs depuis le 1er mai au matin. Ce n'est plus très frais, mais bon ça passe quand même. Quelques personnes n'ont pas pris leurs précautions et profitent de la proximité d'un restaurant pour commander un plat pour 4 personnes, elles sont 6 et trouvent encore à partager tant le plat est copieux, j'hérite ainsi d'une brochette de porc, j'espère qu'il n'est pas du Mexique, nous sommes en pleine pandémie de grippe AH1N1. Après je commande deux cafés allongés, mais mon slovène n'est pas encore au point, je commande "two Kawas avec long water, not suggar, not milk" si mon slovène n'est pas au point, mon anglais ne l'est pas non plus, j'accompagne ma commande de gestes et j'obtiens malgré tout ce que je veux, c'est bien là le principal.

15 H 45 passage de la douane entre la Slovénie et la Croatie. Nous traversons la Croatie depuis un moment, la différence de paysages est saisissante, c'est tout plat, il n'y  pas de relief et des champs de colza à perte de vue. Le ciel est gris, je n'ai pas très chaud dans le car, la fatigue commence peut-être à me gagner ?

De 18 H à 19 H, dernière pause pour faire le plein des cars, nous en profitons pour boire une "pivo" (bière), les hommes sont passés en 1er reçoivent une petite pivo (33 cl), les femmes passent après et ont une grande pivo (50 cl), à croire que les femmes boivent plus que les hommes.

Nous traversons Nustar, cette ville a été durement touchée par la guerre, les façades des maisons sont criblées de tirs de balles, un vrai massacre.

Ce qui m'interpelle particulièrement c'est que certains villages ont été volontairement "rayés de la carte" tandis que dans d'autres seulement 1 ou 2 maisons ont été visées, ce sont donc bien les habitants de ces villages ou de ces maisons qui ont été pris pour cible. Pourquoi ?

Vers 22 H nous franchissons la frontière pour sortir de Croatie, cette fois les passeports sont rigoureusement regardés (nous ne les avions pas sortis pour rentrer en Slovénie), après quelques mètres nous franchissons la frontière pour rentrer en Serbie, elle se trouve tout près de l'endroit où a lieu la réception, les douaniers sont copains avec nos hôtes, les formalités vont très vite. Nous sommes à Backa-Pallanka.

Là, l'accueil est on ne peut plus chaleureux, grandes embrassades entre les personnes qui se sont connues lors des précédents échanges dans les deux sens, Un grand repas débutant par une soupe de poule à la crème nous attends, viennent ensuite plein de plats de différentes spécialités culinaires, ces plats ont été confectionnés par les dames qui nous reçoivent, puis nous dansons, nous chantons tous en chœur. Une personne de la municipalité fait un tout petit discours pour nous souhaiter la bienvenue qui est traduit par Almin, notre traducteur attitré (il a participé à tous les échanges), vient ensuite la répartition des français chez leurs hébergeants. Normalement je devais être reçue seule chez une dame mais elle a un empêchement familial et je suis avec Françoise une choriste de la Viva PDL chez une autre dame qui, en raison de la maladie de son mari, s'est fait prêter un appartement.

La dame qui devait me recevoir tient absolument à être prise en photo avec moi et celle qui nous reçoit veut une photo des "ses deux françaises" elle me couvre de bisous, c'est vraiment touchant d'être accueillis de cette manière par des gens qui ont tant souffert de la guerre. Ils n'ont rien ou pas grand-chose, mais un cœur "gros comme ça" et sont prêts à tout donner.

Arrivées à l'immeuble dans lequel se trouve l'appartement, elle ne veut absolument pas que nous portions nos bagages, elle nous les prend d'office des mains et monte à toute vitesse les cinq étages avec tout notre barda. Elle fait venir le voisin (je pense que c'est le propriétaire) et nous nous installons sur des sièges, nos essais de conversation avortent vite, le barrage de la langue, c'est terrible.

Nous avons une chambre et une salle de bains avec WC à notre disposition. Il n'y a qu'un petit lit, Françoise me le laisse. Pour elle, elle pli le tapis en 2, je lui donne la couette pour faire une peu plus d'épaisseur. Moi je prends les vestes polaires en guise de couverture.

Avant de partir, elle nous remet le nécessaire pour le petit déjeuner, c'est-à-dire des dosettes 3 en 1 (café, lait, sucre) et des gâteaux secs.

Une fois notre hôtesse et le voisin partis, nous prenons une douche. C'est une douche d'angle assez petite qui n'est pas scellée au mur (pas de joint silicone) et sans pare-douche, ce qui devait arriver, arrive, je transforme la salle de bain en piscine, je nettoie comme je le peux pour que la copine puisse elle aussi profiter des lieux.

Il est 1 H du matin, nous sommes tellement crevées que nous nous écroulons comme des mouches, nos pieds sont enflés. Entre le moment où je me suis levée le 1er mai et le moment où je vais me coucher, c'est-à-dire le 3 mai à 1 heure du matin, cela fait 42 heures que je n'ai pas eu les jambes allongées. Heureusement, dans les recommandations nous avions notamment celle de nous procurer des bas ou mi-bas de contention.

Petite anecdote de la soirée, une choriste a embarqué par erreur le sac de voyage d'un choriste, je pense qu'elle aura une drôle de surprise en découvrant qu'elle se retrouve avec des affaires d'hommes, Quant à lui, je lui propose de mettre un soutien gorge sur son tee-shirt. Il a un chapeau en cuir et je le surnomme Crocodile Dundee. Bon en fait l'échange de sacs a pu être fait le soir même et les deux choristes sont rassurés.

3 mai, Nous prenons notre petit déjeuner mais notre hôtesse a oublié un petit détail, il n'y a rien pour chauffer l'eau, c'est donc avec de l'eau tiède et nos brosses à dents en guise de cuillères que nous délayons notre sachet de café.

Le voisin frappe à notre porte et nous propose un café turc que nous acceptons avec plaisir puis,  notre hôtesse vient nous chercher à 9 heures et nous emmène voir le marché de la ville, les fruits et légumes sont plus en avance qu'en PDL.

A un moment, nous passons devant un étalage de vêtements et je lui demande en m'aidant du dictionnaire si elle a des enfants mais elle comprend que je veux acheter des vêtements pour enfants, elle appelle la vendeuse qui me fait l'article pendant un bon moment, les vêtements sont pour le moins démodés par rapport à ce qu'il y a en France et à chaque habit qu'elle me montre je dis "né, né", elle en sort d'autres de sa réserve et j'arrive enfin à lui faire comprendre que je ne veux rien acheter, la pauvre vendeuse à l'air complètement hébétée.

Ensuite nous demandons à nous promener le long du Danube (qui entre parenthèse n'est pas bleu mais vert). En face il y a la Croatie, je vois une jolie église que je prends en photo, mon amie Françoise veut en faire autant mais notre hôtesse nous explique qu'il ne faut pas prendre de photos car les Croates surveillent et tirent sur les gens. Psychose ou réalité ? À mon avis c'est plutôt la première hypothèse qui est la bonne. Nous rencontrons d'autres français qui nous disent n'avoir eu aucun problème à photographier tout ce qu'ils ont voulu.  Nous continuons la matinée avec notre hôtesse qui tient absolument à nous faire visiter le musée de Tito, arrivée devant, elle se souvient que nous sommes dimanche et que le musée est fermé, qu'à cela ne tienne, nous irons visiter les écuries de Tito qui à mon humble avis ne doivent pas être nettoyées tous les jours, il y règne une odeur nauséabonde, puis nous allons sur l'hippodrome et foulons la moquette verte de la tribune d'honneur qui est en état de décrépitude bien avancée. Tito étant mort en 1980, l'hippodrome  n'a pas dû servir depuis son décès. A un jour près c'est le 29 anniversaire de sa mort, c'est peut-être sa façon de lui rendre hommage.

Nous retrouvons un groupe de français accompagnés des personnes qui les hébergent, un repas a été prévu pour nous dans une maison de retraite. Nous rencontrons quelques résidents en train de regarder la télévision dans un petit salon. C'est le technicien (homme de maintenance) qui nous prend en charge, il parle un peu l'anglais et Marie, la conjointe du chef de chœur de la Viva Med le parle un peu aussi, chacun essaie de placer un mot comme il le peut mais nous arrivons quand même à communiquer avec lui. Le repas est très (trop)  copieux, une soupe de poule (comme celle de la veille, la crème en moins), des crudités (betteraves et chou blanc) 2 parts de poulet et une côte de porc, différents légumes + une purée de pommes de terre une part de gâteau et un café turc.

Pendant le repas nous discutons avec le technicien, c'est assez marrant, lorsqu'on parle de cinéma ou de chanson il nous cite Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, et Yves Montant mais ne connait pas notre Johnny national. A l'école il a étudié Victor Hugo, Baudelaire, Balzac mais dans quelle langue puisqu'il ne parle pas le français ?

Nous visitons la chambre de deux résidentes, elle n'est pas très grande mais les dames disposent d'une terrasse. La maison de retraite est très bien tenue et les habitants y semblent heureux, ils peuvent faire des activités, poterie, maquettes, il y a aussi une maison miniature en bois et en plâtre avec des escargots incrustés dedans, c'est amusant. Quelques personnes viennent nous saluer, elles ont l'air contentes d'avoir de la visite.

A 15 heures nous nous retrouvons avec les différentes chorales pour la répétition générale, en plus de la Viva il y a les chœurs de Backa et de Mol, la répétition dure jusqu'à 18 heures, la mise au point des différents chants est faite et les rôles de chefs sont distribués. Sur certains chants c'est Michel Pelletier de Viva Auvergne qui nous dirige, pour d'autres c'est une chef de chœur "locale" et pour d'autres encore, c'est Guy Lacroute de la Viva Med.

Notre répertoire se compose de "peuple de la terre I et II" – Vivre Libre (version Balkans elle contient un couplet en Bosnien) Kaj ja podoh na bendbasu (chant folklorique signifiant "Quand je suis allé à Bendbasu" – Al Muallim (chant de confession musulmane) – Ajde Jano (chant traditionnel serbe : une femme propose à son ami Jano de vendre la maison, le cheval et la charrette et de danser le Kolo) – Otché nash (chant liturgique catholique) – Neka Cijeli ovaj svijet (laisser le monde entier) c'est un chant très enjoué et Tebe Poem (chant liturgique orthodoxe). Pendant toute la tournée nous chantons ces chants avec les chorales locales (sauf à Pula) et les chorales locales ont leur répertoire qu'elles chantent seules.

Après la répétition un diner nous est servi et à 20 heures 30 le concert commence. Avant le concert, le maire adresse à l'assistance un discours de bienvenue dont la traduction me fait sourire, il est question de la "vénérable" assistance et de "l'honorable" chorale. Pour nous français ça nous paraît quelque peu désuet comme termes, mais c'est mignon.

Je suis à la Viva depuis plusieurs années, nous avons commencé à chanter les Peuples de la Terre I et II pour le concert au Zénith en avril 2007,(j'ai mis les paroles des ces deux chants à la fin de mon exposé), j'ai bien sûr toujours compris ce que je chantais mais je réalise qu'en fait je viens seulement de les intégrer, toutes les images des maisons et des villages détruits me défilent devant les yeux, je vois ces gens qui ont risqué de vivre sous les bombes plutôt que de partir à l'autre bout du monde… Je vois ceux qui attendaient que le monde protège ces villes assiégées, ce peuple pris au piège, Je vois ces gens qui s'embrassaient au lieu de se maudire et ceux qui se mariaient en ignorant le pire.  J'ai les poils qui se hérissent et la gorge nouée.

Lorsque nous chantons le chant " vivre libre" Serbes et Français sont mélangés et nous nous tenons soit par la main soit par le cou, le contact physique renforce ce moment d'amitié c'est très important, toute l'émotion passe par là. Il y a une bonne centaine de spectateurs et tous semblent enchantés par ce qu'ils ont entendu et applaudissent en se mettant debout, vient ensuite la traditionnelle remise de cadeaux et discours en Serbes traduits en Français par Almin.

Après le spectacle nous nous rendons à l'hôtel central, un buffet nous est servi avec différentes charcuterie et des fromages, le tout est coupé très finement et c'est délicieux, la "pivo" coule à flot et à nouveau nous dansons tous ensemble, il n'y a plus ni Serbes, ni Croates, ni Bosniens, ni français seulement des êtres humains qui chantent, dansent et rient ensemble, c'est formidable. Je me demande pourquoi cette guerre ? Comment des hommes peuvent tuer d'autres hommes, aucune ethnie, aucune religion ne mérite qu'on s'entretue.

Nous regagnons notre logement, cette fois-ci encore notre hôtesse ne veut pas nous laisser porter nos sacs, heureusement il ne s'agit que de nos sacs de concerts, ils ne contiennent donc que nos fringues et nos partitions.

Même scénario que la veille, nous préparons nos lits, nous nous douchons et nous nous couchons.

4 mai, Cette fois-ci pour le petit déjeuner nous n'arrivons même pas à avoir de l'eau tiède, c'est donc à l'eau froide que nous tentons de délayer nos sachets mais sans succès. Une longue journée de car nous attend. Sur notre feuille de route il est indiqué que nous avons rendez-vous à 8 H 30 devant l'hôtel central, sur celle de notre hôtesse le rendez-vous est marqué pour 10 H, renseignement pris auprès d'une interprète, le rendez-vous a été reporté à 9 h 30.

Le seul mot français qu'elle connaisse est "manger" qu'elle dit en portant la main à sa bouche, j'ai le sentiment que ce mot est lourd de sens dans son esprit. Nous allons prendre un café turc dans un café qui me paraît très "smart", après elle nous emmène dans un "super market", elle veut absolument que nous choisissions des choses à manger, nous sommes gênées, nous ne connaissons pas les moyens financiers dont elle dispose, ne savons pas quoi prendre et nous ne voulons pas non plus la blesser en ne prenant rien, finalement nous optons pour de l'eau, des gâteaux à apéro et deux fruits.

A 9 H 30 nous arrivons au point de rendez-vous et c'est les grandes embrassades, nous nous serrons très fort dans ses bras, les larmes coulent de part et d'autre.

Elle va chercher une interprète pour nous expliquer qu'elle est présidente d'une association qui vient en aide aux veuves et aux orphelins, cette association recueille des vêtements, des produits d'hygiène et des fournitures scolaires pour les redistribuer. Nous faisons passer le message autour de nous, une dame de Clermont a apporté (sans raison particulière) une poignée de crayons billes, c'est avec grand plaisir qu'elle les lui donne, ce sont des crayons un peu fantaisie et cela fera des heureux.  Enfin, notre hôtesse nous remet à chacune le journal du jour dans lequel il est question de son association. Elle me donne les coordonnées de cette association, je vais voir ce que je peux faire pour acheminer du matériel sur place ou envoyer des euros pour qu'elle puisse acheter ce dont elle a besoin et faire marcher le commerce local ce qui me semble plus judicieux.

Avant de partir, elle nous donne à chacune un cadeau composé d'un petit flacon de déodorant, une savonnette et une brosse à cheveux, je suppose que ce sont des produits qui ont dû lui faire cruellement défaut pendant la guerre, c'est avec grand cœur qu'elle nous remet ces "précieux" produits.

Ca y est, nous reprenons la route en direction de Sarajevo, les discussions vont bon train, nous échangeons nos impressions et par moment nous piquons un petit roupillon. Après l'arrêt pique-nique et les différentes haltes techniques pour les cars nous arrivons à 21 Heures à Sarajevo. Le passage de douane entre la Bosnie et la Serbie s'est fait sans problème. Ce qui me frappe, ce sont ces femmes que l'on voit par ci par là avec une vache au bout d'une longe se promenant le long de la route, les animaux ne sont pas dans les champs, les champs ne sont pas cultivés pour les raisons évoquées dans le préambule de Michel Pelletier.

A notre arrivée, nous sommes accueillis dans la mairie "Novo Sarajevo". Nous sommes assis et nous avons une table devant nous. Un jus de fruit nous est servi puis ensuite un café. Petit discours de bienvenue et répartition soit dans les familles, soit à l'auberge de jeunesse. Là aussi je devais être hébergée avec une autre choriste chez un monsieur, mais sa maison est en travaux et il ne peut nous recevoir c'est donc à l'auberge de jeunesse que nous serons logées. Nous sommes 6 de la Viva Auvergne, 7 de la Viva Med et 9 de la Viva PDL. Nous dînons tous ensembles les trois Viva mélangées. Cela nous donne l'occasion de nous rencontrer entre chorales et même à l'intérieur d'une même chorale. Le travail par pupitre fait que souvent nous ne nous voyons que très peu dans une même chorale. C'est bizarre qu'il faille aller si loin pour se connaître.

5 mai, Le monsieur qui devait m'héberger accepte de servir de guide pour visiter une partie de la ville, nous descendons à pied depuis l'auberge de jeunesse,  nous commençons par une partie de ville, nous rencontrons à plusieurs endroits des poteaux électriques sur lesquels figurent les photos et les noms de gens qui sont morts pendant la guerre, ensuite, nous arrivons en forêt et de part et d'autre il y a des pierres tombales, plantées de ci de là comme des champignons, puis nos arrivons au monument aux morts de la force Pronu, il est effrayant, horrible (quand je dis horrible, je ne parle pas de l'esthétisme mais de sa représentation). Je lis le nom de quelques Français qui sont morts ici, là encore ma gorge se serre, nous continuons sur le sentier sinueux et nous arrivons sur une place, un groupe de messieurs âgés jouent à un jeu d'échec géant. Nous sommes à présent dans le centre de la ville, une guide prend la place du monsieur et nous fait visiter les vielles rues de Sarajevo.

Comment peut-on décrire Sarajevo ?

J'ai choisi quelques extraits du livre de Franck Levasseur.

"Sarajevo, dis moi ce que je dois aimer de toi"

"Pour atteindre Sarajevo, il faut soit descendre des montagnes avoisinantes, soit se laisser tomber d'un de ces petits capricieux nuages qui à tout moment peut se transformer en un épais brouillard…. Personne ne rejoint cet endroit mystique par accident. Je me suis senti soudainement comme un réfugié parmi tous les réfugiés de la ville, et plus simplement comme un simple passant, un de ces quatre cent cinquante mille individus urbains.

Sarajevo n'est pas une place homogène, c'est mille impressions et sensations qui créent mille et un reflets de l'humanité… C'est le portrait de Tito accroché sur les murs du café appelé "No Papak" (pas de paysan) situé sur les fondations d'un bâtiment de la période Yougoslave, où la bière est servie avec nostalgie et des œufs durs en souvenir de temps anciens où la solidarité était un mot plein de sens…Ce sont ces vieux escaliers aux blanches pierres brillantes qui dévalent jusqu'au centre ville entre les vieilles demeures…. Les Cevapi, saucisses de viandes, que l'on trouve partout dans Bascarsija, la vieille ville… Les vieilles pierres tombales en marbre blanc qui semblent jaillir du sol comme des champignons ou qui jouent à cache-cache entre les arbres et les taillis… Les glaces extrêmement sucrées, crémeuses et plutôt bariolées…"

C'est aussi un théâtre refait à neuf dans le style de l'ancien (il y avait deux possibilités, raser tout et reconstruire à neuf (solution la plus économique) ou restaurer en gardant le style de l'ancien, c'est la seconde solution qui a été choisie, gardant ainsi un cœur de ville. Un centre culturel, une bibliothèque, des hauts bâtiments d'habitation criblés de balles, le souvenir des images vues à la télévision pendant les évènements me revient en mémoire, malgré moi j'ai l'impression de voir les "snippers". Ce sont les  églises Orthodoxes, les Mosquées, la cathédrale qui forment cette mosaïque culturelle et confessionnelle, ce sont encore les vendeurs à la sauvette qui proposent des parfums de luxe à 5 euros pour les dames et des cigares gros comme des barreaux de chaise pour les messieurs.

Notre guide nous laisse dans le centre, j'en profite pour aller à la poste acheter des timbres, partout les euros sont acceptés sauf dans les administrations, je dois donc faire deux fois la queue, une première fois pour faire le change de monnaie, la seconde pour acheter des timbres. Je retourne dans les petites rues de la vieille ville acheter des cartes postales puis nous nous retrouvons avec un petit groupe de Français, nous rentrons dans un restaurant pour goûter les spécialités culinaires, le restaurant où nous sommes en propose deux, une moitié d'entre nous en commande une, l'autre moitié prend la deuxième spécialité puis nous faisons les partages, ainsi nous goûtons à tout. Les plus gourmandes d'entre nous vont dans un autre restaurant déguster une glace. Après m'être bien restaurée je vais acheter les cartes postales et comme il reste encore un peu de temps avant la répétition je visite la cathédrale où je savoure cet instant de grand silence et de solitude qui m'aide à me ressourcer, puis je m'installe sur les marches extérieures et j'écris mes cartes postales et les envoies.

16 Heures arrive nous nous rendons pour la répétition dans la salle "Maison de l'Armée", comme d'habitude, la répétition dure plus longtemps que prévu. Outre les chants, il faut soigner la présentation sur scène et la montée sur scène qui change à chaque concert en fonction des installations techniques dont nous disposons. La Viva est accompagnée des chœurs de Corona, Razonanca, Volkanie ansambl Bugojno. En fin de répétition nous avons tout juste le temps de manger le pique-nique qui nous a été préparé pour le midi par l'auberge de jeunessse et nous mettre en tenue de scène.

19 H 30, c'est le grand moment, le concert commence. Nous avons la chance d'avoir une soliste pour Al Muallim, la jeune fille a une très jolie voix, elle est accompagnée par deux guitaristes, c'est plus agréable que la bande son. Le public est assez nombreux et réceptif à ce que nous chantons. Pendant le Ajde Jano nous perdons la mesure, Guy, le chef de chœur de la Viva Med nous fait les gros yeux, il n'est pas content, ça se voit.

Après le concert et les traditionnelles remises de cadeaux, un buffet-cocktail nous est servi, c'est un peu cérémonial, rien à voir avec la réception de Backa-Pallanka. Je fais la connaissance d'un jeune couple, tous les deux parlent très bien le français, ils ont beaucoup aimé nos chants sur les droits de l'homme et notre implication dans la reconstruction des différents pays. Le monsieur me fait rire, il me raconte que lorsqu'il apprenait le français il avait eu beaucoup de mal avec les liaisons, un peu comme les petits enfants français qui disent "un oiseau " en faisant la liaison donc logiquement "des noiseaux",   "un enfant, des nenfants" il me dit avoir eu aussi des difficultés avec l'imparfait du subjonctif,  là, je le rassure, même en France il n'est plus guère utilisé que par les puristes de la langue française.

La soirée s'achève et nous regagnons l'auberge de jeunesse, (nous en sommes descendus le matin à pied, mais le soir nous commandons des taxis pour remonter)

6 mai, Rendez-vous devant le musée avant d'aller visiter Obrazovanje Gradi BH (l'éducation construit la Bosnie), c'est l'association créée par Jovan Divjak, elle s'occupe elle aussi des veuves et des enfants, avec les fonds recueillis, elle permet aux personnes d'aller passer une journée hors de Sarajevo, il nous raconte qu'une fois, une journée a été organisée à la mer, les femmes sont émerveillées, elles restent à la terrasse d'un café, pour elles, c'est exceptionnel. Une autre fois elles veulent tout simplement faire un marché.

L'association finance aussi des jeunes pour les études. Les enfants en primaire reçoivent l'équivalent de 35 euros, en collège 40 euros et en lycée 50 euros.

Il y a également un parrainage avec Emmaüs à Grenoble, des jeunes gens sont envoyés en université ou en Fac grâce à ce parrainage. La Viva apporte son soutien à cette association, une somme de 1700 euros est remise à Jovan. Pour ceux qui le souhaitent, il y a la possibilité de parrainer les étudiants en allant sur le site http://laviva.fr dans la rubrique "actions extérieures" et en cliquant sur "Parrainez un enfant de Bosnie Herzégovine" l'imprimé date de 2004 mais en rayant la date pour mettre la date à laquelle vous souhaitez parrainer un enfant ça marche.

 Jovan nous fait un petit discours de bienvenue, là aussi un jus de fruit nous est servi puis ensuite un café, nous visitons l'association et faisons dédicacer le livre de Franck Levasseur

"Bye, bye Bosnia, i am going to Sarajevo" dont les bénéfices sont reversés à l'association.

Jovan nous informe que la liste des personnes considérées comme criminelles de guerre est sortie et qu'il est dedans. Je ne sais pas quel rôle il a eu au début des évènements mais le fait qu'il ait rendu très rapidement ses galons de général pour recueillir un enfant orphelin et créer son association devrait jouer en sa faveur, du moins je l'espère.

10 H 30 nous repartons pour Bugojno (Bosnie-Herzégovine), dans le car je me repasse le film de tout ce que j'ai vu à Sarajevo, notre visite à l'association de Jovan et je pleure, je ne peux pas me retenir, je pleure et ça gagne ma voisine de car. Derrière nous il y a une infirmière qui se rend compte de notre état et vient discuter un long moment avec nous, ça fait du bien de pouvoir parler, peu à peu nous arrivons à nous calmer mais c'est dur. Nous avons 3 infirmières avec nous, elles sont d'une gentillesse et d'un dévouement formidables.

Nous arrivons vers 15 heures à Bugojno, comme d'habitude il y a eu les arrêts techniques pour les cars et le pique-nique qui nous a été préparé par l'auberge de jeunesse de Sarajevo.

Les choristes logés à l'hôtel reçoivent leur clé de chambre et peuvent laisser leurs valises. Un "pot " d'arrivée nous est servi, nous nous rendons ensuite dans la salle du Centre Culturel et Sportif pour la répétition qui dure jusqu'à 18 H 30, avec nous aujourd'hui nous avons les chœurs Volkani ansambl et Corona.  Après la répétition nous avons une heure pour manger et nous mettre en tenue de scène. Pour Al Muallim nous avons la même soliste, une vraie "petite perle" à la voix pure  et les mêmes guitaristes que la veille. A 19 H 30 concert, pour différentes raisons, il est assez inégal, certains chants sont bien rendus, d'autres moins, la fatigue se fait peut-être un peu sentir ?

A 21 H 30 nous nous retrouvons pour un buffet cocktail, comme la veille, c'est un peu cérémonial et pas très garni, nous sortons avec une petite faim. Nous profitons de l'attente du car qui doit nous ramener à l'hôtel pour faire quelques emplettes, à notre arrivée à l'hôtel nous nous installons, commandons des "pivo" et prolongeons la soirée.

7 mai, à 9 h rendez-vous devant le centre sportif de Bugojno et départ pour Buzet où nous arriverons aux environs de 18 H, ça papote ou ça dort dans le car. Lors de notre arrêt pique-nique qui a été préparé par l'hôtel, une choriste de la Viva Auvergne se tord le pied en descendant du car, elle semble beaucoup souffrir, les infirmières s'occupent d'elle et l'aident à marcher jusqu'à l'endroit où a lieu le pique-nique. Une fois le pique-nique terminé, son état de santé ne semble pas s'être amélioré, sa cheville est très enflée et décision est prise de l'emmener aux urgences, hélas pour elle, elle ne terminera pas le voyage avec nous, elle reste plusieurs jours à l'hôpital avant son rapatriement qui ne se fera que le 13 mai. Nous prenons régulièrement de ses nouvelles, elle est avec 2 autres femmes, aucune ne parle la même langue, elles communiquent par gestes et se rendent compte que notre auvergnate et une des deux femmes parlent belge (flamand), elles peuvent ainsi communiquer un peu toutes les deux.

Malgré tout, notre programme se poursuit, à 18 H 30 rendez-vous pour une petite répétition avec les chorales MPZ sokol et Klapa Pinguentum. A 20 heures nous partons pour Pula qui n'est pas très loin et nous regagnons notre hôtel, tous les gens de la Viva sont logés dans le même hôtel. A 21 H 30  un repas chaud nous est servi à l'hôtel, nous sommes par petites tables, à la mienne nous discutons, nous racontons des anecdotes qui nous sont arrivées dans nos différents métiers, nous rigolons beaucoup et ça fait énormément de bien.

Nous ne prolongeons pas trop tard la soirée car le lendemain nous avons une journée chargée.

8 mai, Nous avons rendez-vous à 9 heures pour une visite guidée de Pula, c'est une très jolie ville au bord de l'Adriatique en Croatie, elle faisait partie de l'empire Romain et actuellement il reste encore une forte communauté italienne. Nous visitons les arènes, l'amphithéâtre et ses sous sols, il y a une collection impressionnante d'amphores.

Pula est une ville riche qui n'a pas souffert de la guerre, cela se voit. En raison de la forte communauté italienne et de la proximité de l'Italie, si la guerre était arrivée jusque là, les Italiens et l'Europe en général auraient réagi beaucoup plus vite.

Après le repas qui nous est servi à l'hôtel nous avons un peu de temps libre avant la répétition, nous en profitons pour aller sur la plage, certains se risquent même à se tremper les jambes, il fait très beau mais l'eau n'est pas très chaude.

17 H répétition générale, pour certain morceaux nous serons dirigés par la chef le chœur locale, elle a du tempérament, elle nous fait répéter je ne sais pas combien de fois le Tebe Poem, ce morceau est truffé de points d'orgue, ceux qui connaissent la musique comprennent ce que cela signifie. Autant de chefs de chœur, autant d'interprétations différentes, et on répète et re-répète, ce n'est jamais comme elle veut. Enfin après je ne sais combien de fois, elle a le sourire et lève le pouce pour nous signaler que c'est bon. La répétition a duré tellement longtemps que nous n'avons pas le temps de manger, nous mettons nos habits de concert et celui-ci débute. En première partie il y a une chorale Italienne que nous verrons un peu mais n'entendrons pas ayant été mis à la porte des lieux. Après l'exécution de cette chorale nous pouvons entrer ainsi que les chorales de Pula. Dans son discours le maire parle de la chef de chœur, Almin traduit "cette ambitieuse" chef de chœur, je pense dans un premier temps que c'est une traduction un peu approximative, mais non, c'est la réalité. Tout le monde est sur scène soit à peu près 150 choristes, nous sommes serrés les uns contre les autres. Pendant la répétition la chef de chœur a exigé que les gens de la Viva se poussent sur les côtés et que ses choristes soient au centre. Dans un premier temps, c'est un chœur d'hommes qui chante, ils sont en demi cercle, une basse et un ténor dirige chacun leur pupitre, Ils chantent très bien, les graves sont magnifiques. Avant que nous commencions à chanter une jeune fille fait son numéro, cela ressemble plutôt à de la variété et nous ne voyons pas ce que ça vient faire dans ce concert. Enfin nous avons le droit de prendre nos places, le Tebe Poem est annoncé mais la chef de chœur ne vient pas, elle se fait attendre, enfin Michel Pelletier va la chercher en coulisses et arrivée à son pupitre elle met d'office la baguette de chef d'orchestre dans les mains de Michel qui la lui redonne aussitôt puisqu'il a été décidé que c'était elle qui le dirigeait et qu'elle nous l'a fait répéter. On sent une certaine tension. Elle refuse que nous chantions Al Muallim, nous n'avons pas de soliste cette fois ci et la bande son ne lui convient pas. Nous pensons qu'il s'agit là d'un mauvais prétexte. Elle a dirigé de mauvaise grâce le Tebe Poem qui est un chant orthodoxe, refuse Al Muallim qui est un chant musulman, par contre pour Otché nash qui est un chant catholique, non seulement elle le dirige avec fierté mais en plus nous avons droit a un accompagnement au piano. Dans les précédents concerts, les chorales locales ont toujours chanté avec nous Peuple de la terre I et II et comme je l'expliquais plus haut pour le chant "vivre libre" nous nous mélangions entre chorales pour nous tenir par le cou, par le bras ou par la main. Là rien de tout ça, pendant que nous chantons les peuples de la terre les choristes locaux discutent entre eux, se donnent des coups de coude et rigolent. De même pour le "vivre libre", on sent nettement qu'ils n'en ont rien à faire. Nous sommes en rage. Après le concert, un repas nous est servi dehors et certains choristes entament Al Muallim, pour ce qui me concerne, je ne sais pas quelle attitude adopter, nous ne sommes pas des colonisateurs, nous n'avons donc pas à imposer nos choix et nos idées, d'un autre côté je me sens brimée de n'avoir pu chanter ce morceau, dans le doute, je préfère m'abstenir, je chante mais seulement mentalement.

Nous regagnons notre hôtel tout en discutant de ce que nous venons de vivre. Nous avons préparé une chanson pour Almin, afin de ne pas gêner les clients de l'hôtel, nous nous mettons au fond du parking et lui chantons, c'est touchant de voir ce grand gaillard d'1 M90 taillé comme un roc être ému aux larmes par cette chanson toute bête. Nous lui remettons aussi une foule de petits cadeaux récoltés dans l'après midi auprès de tous les choristes de la Viva. Il y a un peu de tout, des bonbons, des proverbes français, du chocolat, des timbres poste et ça le fait beaucoup rire. Michel fait le point avec nous sur le concert et nous dit "on voit que vous aviez "la rage", c'est le meilleur concert que vous ayez fait" comme quoi…. !

9 mai, Départ de Pula à 9 heures en direction de Mestre (tout près de Venise). Nous nous arrêtons en route et la Viva Auvergne remet à chaque choriste les pique-niques du midi et du lendemain midi. Nous arrivons à Mestre vers 13 heures, prenons possession de nos chambres, Je vais dans la chambre d'autres choristes avec qui je m'entends bien, nous mangeons notre pique-nique et nous partons pour Venise. Il y a un arrêt bus tout près de l'hôtel, nous descendons du bus dans le centre de Venise.

Nous traversons plein de petites rues étroites, montons et descendons des petits ponts, il fait beau et c'est magnifique, une dentelle architecturale, il y a du monde partout, c'est superbe. Nous avons tout notre temps pour flâner, écouter un musicien sur verres, regarder une femme asiatique fabriquer des sauterelles avec des brins d'herbe, c'est d'une finesse remarquable, admirer les nombreux masques de carnaval, les boutiques vendant des objets des verreries de Murano (là je craque, je m'achète une parure, pendentif et boucles d'oreilles) c'est un autre genre de dépaysement.

Nous prenons le temps de boire une grande bière bien fraîche servie avec des olives et autres amuse-bouche, une vraie récréation. Nous avons comme seul impératif d'être rentrés à 21 H pour le repas. Que c'est bon, que c'est beau, la place San Marco, le palais des doges, l'église "della salute". On dit toujours "voir Venise et mourir" ce qui est d'ailleurs faux, la véritable expression étant voir "voir Naples et mourir", je n'ai pas vu Naples, j'ai vu Venise et je ne veux pas mourir, j'ai bien l'intention d'y retourner pour un séjour d'au moins 4 à 5 jours pour bien profiter de tout.

Pour rentrer à l'hôtel, nous prenons le "vaporetto" qui nous ramène sur la place où se trouvent les bus, puis le bus et nous arrivons pile à l'heure pour le repas.

Normalement, la tournée était prévue à l'envers, c'est-à-dire en commençant par l'Italie et en finissant par la Serbie, je pense que c'est mieux de l'avoir fait ainsi, nous avons vu ce qu'il y a de plus dur pour finir par la "Dolce Vita".

10 mai, Départ de Mestre à 9 H, c'est encore une longue journée de car qui nous attend, vers 13 heures nous laissons les amis de Viva Med à Milan et continuons notre route en direction de Clermont-Ferrand où nous arrivons aux environs de 23 H. Je suis hébergée pour la nuit dans une famille, la dame est choriste dans une autre chorale que dirige Michel Pelletier. Elle est institutrice en maternelle, je ne sais pas ce que fait son mari. La jeune fille de la maison passe une épreuve de bac blanc le lendemain, elle me salue puis va se coucher. Après le repas je reste un moment à discuter avec la dame puis, la fatigue venant je vais moi aussi me coucher, il est déjà 1 H du matin. Je passe une très mauvaise nuit, je fais des cauchemars épouvantables.  Pendant la tournée, après les longues journées de car ou les heures de répétitions et de concerts, je me couchais et dormais comme une souche. Là tout ce que j'ai vu remonte dans mon pauvre cerveau et me torture littéralement, c'est horrible.

11 mai, mon covoiturier passe me chercher et nous repartons à 4 (les mêmes qu'à l'aller) en direction de Saumur. Une petite halte le midi pour manger un morceau puis arrivés à Saumur nous buvons une dernière "pivo" avant de rentrer chacun chez soi.

 

 

Voila, le récit de mon voyage est terminé, je peux vous assurer qu'on ne revient pas d'un tel voyage dans le même esprit qu'en partant.

Mes grands-parents, mes parents ont connu la guerre, nous, nous avons la chance de ne l'avoir jamais connue et aux plus jeunes d'entre vous qui lirons ce récit je demande d'œuvrer pour que jamais vous ne soyez confrontés à un tel évènement. Dans les trois pays que j'ai parcourus, il reste des séquelles matérielles, bien sûr, mais le pire ce sont les séquelles morales, le souvenir des personnes mortes pendant la guerre, du génocide, des personnes déportées, de la  faim, du manque d'hygiène, ce sont des traces indélébiles. Chacune des communautés fait des efforts pour vivre ensemble mais on voit bien que le chemin est long avant d'arriver à une paix réelle et définitive. C'est, entre autre, par les échanges culturels que tous ensemble nous y parviendrons.

 

CANON DE LA PAIX

Ecoutez, le temps viendra
Les hommes connaîtront la Vérité
le lion s'étendra près de l'agneau

Et nous fondrons nos piques pour des faux
Et des socs pour des herses
la paix sera notre combat
Faîtes que ce temps vienne

 

"Peuples de la terre 1"

 

 

Ils sont jeunes et beaux ces enfants de la terre,

Nomades insoumis, ces artistes sans frontières.

Ils sont nos amis pour la vie toute entière

Habillés de ciel bleu ils nous viennent bras ouverts.

Ils cultivent dans ce jardin leur idée du bonheur,

Ils sèment sur ce terrain mille sortes de fleurs,

Mille espèces, mille races, qui s'unissent et s'accueillent,

De grands arbres qui s'embrassent aux caresses de leurs feuilles.

Têtes blondes ou cheveux noirs aux ciels d'été, aux vents d'hiver,

Herbes folles, fruits sauvages, ils survivent dans un désert.

Ils se moquent des querelles de conscience ou de prière,

Leur époque les appelle à devenir solidaires.

Un chœur plein d'étoiles dans un ciel enchanteur,

Des voix de cristal dans un cri de bonheur,

Un chœur qui veut croire aux élans fraternels,

Les voix de l'espoir pour des chants immortels. 

Ils nous viennent d'une ville ou d'un village qui a souffert,

Ils s'en tiennent au difficile apprentissage de la misère,

Mais ils retissent leur avenir et rebâtissent leur histoire

Qui recommence à refleurir dans le silence de leur mémoire.

 

 

 

 

 

"Peuple de la terre 2"


A ceux qui ont risqué de vivre sous les bombes

Plutôt que de partir à l'autre bout du monde

A ceux qui s'enfuyaient dans les rues de la ville

A ceux qui détalaient comme des proies faciles

Aux gosses qui couraient en se brûlant au jeu

Des crosses qu'épaulaient ces hommes monstrueux

A ceux qui maudissaient les ciels chargés de neige

Quand il fallait s'enfuir avec le ventre vide

A ceux qu'on déportait dans ces tristes cortèges

Quand ils devaient subir un autre génocide

Nos voix s'enflamment, nos voix les pleurent

Nos voix leur clament notre douleur

A ceux qui attendaient que le monde protège

Ces villes assiégées, ce peuple pris au piège

A ceux qui s'embrassaient au lieu de se maudire

A ceux qui se mariaient en ignorant le pire

A ceux qui s'endormaient dans cette nuit glaciale

De rêves sacrifiés aux sifflements des balles

A ceux qui suppliaient que nulle armée ne vise

Le coeur de leur mosquée, le choeur de leur église

A ceux qui s'accrochaient à leur fusil de chasse

Devant toute une armée qu'ils regardaient en face

Nos voix se taisent, nos voix se meurent

Les mots nous pèsent au fond du cœur

Leurs luttes citoyennes méritent notre hommage

Méritent qu'on soutienne leur force et leur courage

Méritent que l'on blâme ces maux qui nous écœurent

Méritent qu'on en juge les sinistres auteurs

Ces peuples ont trop souffert de haine et de lynchages

Ces peuples de la terre ont trop porté leur croix

Ces peuples solidaires que nos voix encouragent

Ces peuples sont nos frères et nous tendent les bras


 

 

 

Par DEQUIDT - Publié dans : mariebrigitte
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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 18:46

Avant de vous faire partager mon voyage dans les Balkans, je tiens à vous présenter en premier lieu l'historique préparé par Michel Pelletier, chef de cœur de la Viva Auvergne. C'est essentiel pour comprendre la suite des évènements et surtout c'en est le ciment.

 

En deuxième temps je ferai juste un petit topo géographique qui aide à appréhender la manière dont est composée cette mosaïque ethnique et confessionnelle.

 

Enfin l'avertissement fait par Florence de la Bruyère dans le livre "Sarajevo mon amour" de Jovan Divjac

 

La Viva…échanges culturels avec la Bosnie-Herzégovine, la Croatie et la Serbie. 1995 / 2009

 

 Préambule J’ai préparé cette intervention en deux parties :

 

- tout d’abord un exposé sur l’histoire récente des pays de l’ex-Yougoslavie

 

- dans un deuxième temps, je retracerai l’historique de La Viva et de notre projet d’échanges culturels avec la Bosnie-Herzégovine, la Croatie et la Serbie.

 

J’ai rédigé l’historique des événements qui se sont produits dans cette partie du monde, en me basant sur les enseignements que nos partenaires nous ont transmis à l’époque où nous concevions les orientations de ce projet. Car nous avons eu la chance, et le privilège, de rencontrer de nombreux consultants et conseillers mondialement renommés, qui nous ont manifesté leur soutien sans réserve. Je vous dresse la liste de ces personnalités :

 

-          Paul Garde : historien, écrivain, considéré comme un des meilleurs spécialistes de l’histoire de l’ex-Yougoslavie. Auteur de plusieurs ouvrages dont le plus connu est :

« Vie et mort de la Yougoslavie ». Régulièrement invité sur les plateaux de radios et télévisions d’audience nationale, auteur de nombreux articles dans les colonnes de grands quotidiens, spécialiste des langues slaves, il s’est exprimé publiquement afin d’alerter l’opinion sur le drame qu’allaient subir les populations civiles de ces pays. Paul Garde a été fréquemment cité comme témoin au Tribunal Pénal International de La Haye. Il nous a reçus à deux reprises à son domicile pour nous orienter vers une multitude d’interlocuteurs incontournables.

 

-           Nicolas Pétrovid Negosh : petit-fils du roi Nicolas du Monténégro. La royauté n’est évidemment plus d’actualité au Monténégro, mais Nicolas conserve le titre, purement honorifique, de prince héritier, et conserve une grande notoriété dans les Balkans. Pendant la guerre, il s’est publiquement exprimé et a déclaré : « c’est une guerre inutile et honteuse. Tous les habitants de ces pays, quels que soient les changements qui se produisent, doivent être considérés comme des citoyens à part entière et respectés comme tels ». Les ultranationalistes l’ont clairement menacé de mort. C’est lui qui nous a convaincus de réaliser ce projet avec d’autres ONG, dont l’association « ISBOR » qu’il a fondée pour proposer un soutien juridique aux victimes de la guerre. Il m’accompagnait pendant mon premier voyage en Bosnie et en Croatie en novembre 1996.

 

-           Dragui Najman : correspondant permanent pour la Yougoslavie à l’UNESCO. Dragui Najman nous a précieusement épaulés dans nos toutes premières démarches.

 

-           Léon Davico : infatigable militant de la paix, Léon Davico s’est activement engagé dans de multiples projets humanitaires, notamment aux côtés de Danielle Mitterrand avec l’association « France Liberté ».

 

-           Jovan Divjak : Général dans l’armée de Bosnie. Avant la fin des agressions armées, Jovan Divjak qui avait recueilli un enfant réfugié dans une cave, a décidé de rendre ses galons et de s’occuper des orphelins et des enfants de victimes de la guerre. L’association qu’il a fondée « Obrazovanje Gradi BiH » (« L’Education construit la Bosnie ») milite pour le droit à l’éducation de tous les enfants et parraine encore aujourd’hui plus d’un millier d’enfants et adolescents. Nous travaillons depuis 2001 sur ce projet en coproduction avec cette association. Jovan Divjak est aussi l’auteur du livre « Sarajevo mon amour ».

 

-          Slobodan Šoja : Ambassadeur en France de la Bosnie-Herzégovine pendant 4 ans, Slobodan nous a ouvertement soutenus dans la conception et la réalisation de notre projet. D’origine serbe, professeur à la Sorbonne, ce grand humaniste a toujours proclamé son désir d’entente entre toutes les ethnies. En 2002, il a invité à se produire au Palais de l’UNESCO le groupe « PONTANIMA », une chorale fondée par le père Marcovid, qui interprète des chants de confession catholique, orthodoxe, juive et musulmane, mais aussi des œuvres profanes.

 

-          Arnaud Vaulerin : journaliste à « Libération ». Auteur avec Isabelle Weisselingh du livre "La Mémoire à vif » sur les camps d’internement de civils en Bosnie.

 

-           Catherine Trautmann : Ministre de la Culture, que nous avons rencontrée à Clermont-Ferrand lors d’une visite officielle et qui nous a recommandés auprès de l’Agence Française Artistique, une institution directement rattachée au Ministère des Affaires Etrangères.

 

-          Général Morillon : Chef de la FORPRONU, commandant des casques bleus en Bosnie, il a tenu tête aux plus grands chefs d’Etat dans la triste affaire de Srebrenica mais s’est aussi heurté aux incohérences de l’armée Serbe de Bosnie, ce qui lui vaut des appréciations très controversées. Il n’en reste pas moins qu’il nous a conseillés et soutenus dans notre action.

 

-           Francis Bueb : directeur de la communication de la FNAC, Francis a quitté son emploi pour se consacrer à l’ouverture du Centre Culturel André Malraux à Sarajevo tout au début de la guerre. Pendant ces événements, il animait un festival international du cinéma. Il a dépêché à plusieurs reprises de nombreuses personnalités du monde littéraire et du cinéma pour alerter l’opinion sur le drame de Sarajevo. En plus des personnes que je viens de citer, nous avons eu l’occasion de rencontrer à cette époque, différentes personnalités : ambassadeurs de France et leurs conseillers culturels en Bosnie et en Croatie, ambassadeurs de Bosnie, Croatie et Serbie en France, ainsi que des représentants de l’UNHCR, des soldats et officiers de la FORPRONU, des ministres ou attachés ministériels, ( particulièrement en Bosnie-Herzégovine où les subdivisions politiques par cantons, rendent ces contacts beaucoup plus faciles que dans notre pays ), des élus à différents niveaux de responsabilités des états, des journalistes, des éditeurs, des artistes et bien sûr, des responsables d’associations dans le domaine culturel et humanitaire : « Mir Sada »,

 « Pour que vive Sarajevo », « France Libertés »… C’est donc en me basant sur les enseignements et témoignages de tous ces consultants que je vous propose la lecture de cet exposé. Il est bien évident que je n’ai ni la compétence d’un conférencier, encore moins celle d’un historien, et que ce récit ne retrace que la réflexion que nous avons pu développer sur cette partie du monde, au travers de notre projet d’échanges culturels. En outre, je ne saurais trop vous conseiller d’approfondir vos connaissances sur le sujet, en vous procurant les ouvrages qui font référence sur l’histoire et l’actualité des pays de l’ex-Yougoslavie :

 

- « Histoire des Balkans » de Georges Castellan. Fayard

 

- « Vie et mort de la Yougoslavie ». Fayard. Paul Garde

 

- « Yougoslavie : suicide d’une nation Européenne », vidéocassette de 5 heures, éditée par Canal+Vidéo.

 

Exposé : les événements qui se sont produits de 1989 à 1995 dans ces pays. Après la mort du Maréchal Tito au mois de mai 1980, la Yougoslavie allait vivre une des pages les plus difficiles et les plus sanglantes de son histoire. Il faut rappeler qu’à l’époque de Tito, le pays reconnaissait toutes les minorités. En dépit du caractère autoritaire de ce régime, tous les individus, quelle que soit leur appartenance ethnique ou religieuse, étaient égaux devant la loi et l’état. Certes, le regroupement de différentes provinces et pays sous l’égide de la Yougoslavie ne satisfaisait pas forcément tout le monde, mais on pouvait cohabiter sans risquer d’être autrement interpellé que sous le titre de citoyen à part entière. Comme de nombreux pays du monde, la Yougoslavie souffrait de tensions internes, qui opposaient différentes populations. Mais ces tensions n’étaient pas proportionnellement révélatrices. Ce n’est que vers la fin des années 80 que de plus graves incidents et provocations devaient agiter les foules, notamment au Kosovo où les Albanais subissaient de nombreuses agressions Serbes. Mais pour autant, de nombreux Serbes faisaient régulièrement l’objet de ripostes sévères et de provocations. A l’occasion d’une visite à Pristina de Slobodan Milosevic, qui n’était pas encore chef d’état, de violents affrontements se déroulèrent dans la rue. Au lieu de prendre une position digne d’un prétendant aux plus hautes fonctions, et d’apaiser les esprits, Milosevic prit immédiatement parti pour les Serbes, considérant qu’ils étaient insultés et maltraités par ces Albanais du Kosovo dont il allait bien vite les débarrasser. Un document filmé par la BBC témoigne de ces instants terribles qui devaient précipiter tout le pays dans cette guerre fratricide, mais aussi accélérer l’ascension de Milosevic. Je me permets de retracer cet événement parmi bien d’autres tout aussi désespérants, pour décrire un phénomène qui, à cette époque, a complètement échappé à tout le monde, et sur lequel nous avons basé un certain nombre de réflexions cruciales pour l’avenir de notre projet. La réputation légendaire de cette partie du monde, où tout le monde ne cherche soi-disant qu’à s’entretuer, n’attendait que cette occasion pour ressurgir. Or, tous les consultants qui nous ont précieusement épaulés dans la construction de notre projet, nous ont très vite appris le contraire. S’il est vrai que des tensions inter ethniques ont souvent secoué ces pays, il s’avère que certaines régions de Bosnie, Croatie et Serbie, sans oublier le Kosovo, la Macédoine, la Slovénie, étaient des foyers de fusionnement culturel, ethnique et religieux, que les meilleurs spécialistes, en géopolitique, sociologues et historiens, considéraient comme un exemple unique au monde. En d’autres termes, avant cette guerre de 1989/1995, on ne subissait pas plus, voire moins, de malaises dans ces pays que n’en accusait la France au cours des trente dernières années. Quand je suis arrivé à Sarajevo au mois de novembre 1996 par le premier avion civil autorisé à atterrir en Bosnie-Herzégovine, je découvrais ce qui restait d’une ville dévastée par des attaques d’une brutalité inimaginable, mais je rencontrais surtout une population complètement à genoux, profondément meurtrie et choquée par un siège qui avait duré plusieurs années. La lâcheté et la cruauté de leurs agresseurs l’avaient plongée dans un état de choc irréversible. En dépit de la disparition de milliers d’entre eux, des blessures, des humiliations, du manque d’hygiène, de la malnutrition, certains habitants de Sarajevo s’obstinaient toujours à clamer leur attachement à leurs valeurs et à leurs habitudes. A titre d’exemple, le couple qui me logeait se composait d’un homme croate, catholique, marié à une femme bosniaque, musulmane et d’entrée de jeu, ils exprimaient ceci : « on ne comprend toujours pas pourquoi ils ont voulu chasser des gens comme nous ; on était des milliers à nous entendre et à vivre heureux…moi je vais toujours à la mosquée alors que je suis catholique, mais ça fait plaisir à ma femme…ses prières ne sont pas les miennes mais je suis avec elle, et elle, elle assiste à la messe tous les dimanches pour m’accompagner…chez nous, et pour beaucoup d’autres, c’est normal ! » Evidemment, à la fin de cette guerre, une forte proportion de cette population avait été soit chassée, soit tuée…Remplacée par des flots de migration de tous les côtés, Sarajevo, comme d’autres villes, perdaient une grande partie de sa physionomie et de sa véritable identité. On sait qu’il n’y avait, vers la fin des années 80, qu’une poignée d’ultranationalistes qui jugeaient cette mixité insupportable et ne cachaient en rien leur volonté de l’anéantir. Mais il est absurde de penser que les populations de l’ex-Yougoslavie ne pensent qu’à se battre et à se quereller. On entend parfois ce genre de commentaires : « ça c’est bien le tempérament slave, on se tape dessus, on s’étripe, et le lendemain on se serre dans nos bras, on pleure et on s’embrasse ». Allez raconter ça à un Bosniaque, un Croate ou un Serbe, je ne suis pas certain qu’ils goûtent le sel de cette plaisanterie. Certes, il y a d’énormes différences, et une cohabitation pas toujours facile, dans les coutumes et les modes de vie. Mais ce qui n’est contesté par personne, c’est qu’une poignée de dirigeants irresponsables ont dressé ces populations les unes contre les autres en employant délibérément ces malaises sous-jacents et en les diabolisant au lieu de les dédramatiser. Dans une atmosphère aussi instable, où les désirs d’indépendance se formulaient de plus en plus nettement, l’image de référence des institutions d’état se désagrégeait en laissant place à l’inquiétude des populations. C’était aussi la voie libre pour les ambitions nationalistes. Dès qu’une agression se produisait, l’immense majorité des civils appelait à l’aide et tentait de défendre les siens. Mais ils se jetaient malgré eux dans une spirale infernale. C’est pour cette raison que l’on accusait de traîtrise toute personne qui lançait un appel à la paix. Personne, à part les ultranationalistes, ne désirait faire la guerre. Ces appels à la paix ne pouvaient être interprétés dans les esprits que sous la forme d’une soumission à la barbarie. J’en viens à ces notions qui parfois nous échappent d’une culture à l’autre. Avant de nous interroger sur ce qui a pu diviser ces peuples, il est certainement plus judicieux de réfléchir sur ce qui nous différencie de nos amis de Bosnie, Croatie et Serbie.

 

-          Des différences marquantes dans les mentalités… Pour bien comprendre l’évolution de notre projet, il est important de discerner les différences fondamentales entre les mentalités de ces populations et les nôtres. Nous nous sommes d’ailleurs très vite aperçus que lorsqu’on a simplement pris conscience de ces différences, il est soudain très facile de se comprendre, de réfléchir et même de faire des projets ensemble. Sur le plan politique, quand on évoque en France l’existence d’un parti nationaliste, on traduit cela par « extrême droite », à juste titre dans notre contexte. Mais si l’on évoque le même sujet avec un Bosnien ou un Serbe ou un Croate, ils comprennent « parti de droite ». Pour eux, l’extrême, c’est l’ultranationaliste.

 

-           Sur ce sujet, l’historien Paul Garde m’avait glissé ce conseil juste avant mon premier départ vers ces pays : « posez vous peut-être la question de savoir quelle différence il est possible de faire entre un nationaliste modéré, et un patriote très convaincu… » Sur le plan des identités, les populations de ces pays se réclament d’appartenances très diverses et dans certains cas déroutantes, si l’on examine le phénomène avec nos habitudes de réflexion très occidentale. Les repères frontaliers se sont sans cesse modifiés dans leur histoire, ainsi que les cartes politiques. Certains individus font référence à l’histoire de leur pays, plus ou moins récente, affirmant que la terre où ils vivent leur a été volée, qu’ils ne légitiment donc pas les envahisseurs qui l’occupent indûment, ni le régime qui est appliqué. D’autres considèrent que leur identité est religieuse et qu’aucun de leurs semblables ne pourra les en déraciner. J’ai même entendu le témoignage d’une femme bosniaque qui affirmait être musulmane, sans pour autant être croyante, ni pratiquante. Elle ne reconnaissait aucune des valeurs contenues dans l’Islam, et revendiquait même le droit de se comporter comme bon lui semblait, au mépris des préceptes enseignés par cette religion. C’était là son seul repère identitaire. Musulmane parce que vivant dans un environnement à dominante musulmane. Orpheline parce qu’aucun état ne répondait à ses attentes. Parce que l’histoire de son pays ne lui offrait pas les enseignements qu’elle en attendait… Tant que nous en sommes à ce paragraphe, il convient aussi de redire que la guerre qui s’est produite n’était en rien une guerre de religion, comme une majorité de l’opinion a pu le penser. Certes, des insultes ou menaces se sont proférées, mais pas plus sur les religions que sur les autres coutumes ou habitudes propres à chaque groupe. Il est aussi vrai que certains édifices religieux de toutes les confessions ont été bombardés, mais ce n’était pas une cible plus privilégiée qu’une autre. En fait, tous les moyens étaient bons pour chasser certaines populations de certains secteurs. Là encore, c’est en quelque sorte une vaste projection de notre imaginaire collectif qui a trompé nos analyses. N’oublions pas que les pratiques inhérentes à toutes les confessions ont pu se faire dans ces pays, dans la tolérance réciproque pendant de très longues périodes. Enfin, toujours au chapitre des multitudes d’identités, d’autres citoyens se réclament de leur appartenance ethnique. Mais quand, par exemple, un Serbe vous dit : « je suis citoyen Serbe mais on m’a chassé de mon pays…mon pays c’était au Kosovo ; je n’étais pas d’accord avec l’invasion de Milosevic mais après les frappes de l’OTAN, de mars 1999 (dont il faut rappeler qu’elles ont été habilement déclenchées par l’UCK) les Kosovars m’ont chassé de chez moi ! » C’est ainsi que lors de notre tournée en été 2003, les premiers Serbes que nous avons rencontrés à Novi Sad nous disaient pour certains, leur crainte d’être vécus comme des terroristes… Comme je l’avais souligné dans un exposé au mois de février 2007, à propos des différentes pratiques religieuses en ex-Yougoslavie : ce serait une grossière erreur, de ne juger ces populations que du point de vue de leurs croyances. Ce serait porter un jugement très réducteur sur l’opinion que nous nous faisons de leur existence et de leur avenir. Nos amis des Balkans ne souhaitent en aucune manière crier leurs croyances religieuses ou leurs idéologies à la face du monde ; bien au contraire, ils souhaitent montrer que leurs convictions spirituelles, autant que leurs repères identitaires, de cultures, de frontières, de nations, de constitution politique, de mœurs et de coutumes, forment une mosaïque qui reflète leur bonheur et leur désir de vivre ensemble. Je pense qu’il faut ajouter une autre remarque, sur un danger qui guette notre époque surmédiatisée : c’est la confusion que fait la rumeur entre des individus hostiles à la société, et d’autres qui ne se rendent coupables d’aucune malveillance. Par exemple, les observateurs ont remarqué pendant ces événements, que les plus fréquentes provocations qui s’adressaient aux Croates, consistaient à les traiter d’Oustachis, ce qui voulait dire « sympathisant du régime d’Adolphe Hitler », en référence à de graves exactions commises par les extrémistes Croates dans les années 30. Il en va de même pour les Serbes qui se sentent systématiquement jugés comme des partisans de Milosevic ; même phénomène pour les musulmans que l’on accuse d’intentions terroristes ou d’intégrisme alors qu’ils pratiquent simplement leur culte comme d’honnêtes citoyens. Entretenir de tels troubles dans les esprits ne peut que renforcer les réflexes identitaires, et l’on a vu jusqu’où peuvent mener ces erreurs… Nombreux sont les Bosniaques qui vous diront qu’ils vivaient paisiblement à Sarajevo, ville cosmopolite pour le plus grand bonheur de ses habitants, capitale mondiale des mélanges culturels, dont ils ont été expulsés. Les malheureux qui ont tenté de résister l’ont payé très cher. Ceux qui ont cédé ont fait partie comme on dit, des populations déplacées, déplacées vers d’autres lieux ou vers un génocide inéluctable. Les personnes très nombreuses qui revendiquent leur ethnie sont aujourd’hui déçues par les répartitions frontalières qui figurent sur les accords de Dayton. Sur le plan de nos histoires respectives, comme nous l’évoquions avec Paul Garde, « il est plus facile de comprendre ces différences en faisant une comparaison entre la guerre que l’Allemagne a livrée sur l’Europe en 1939 et les conflits qui ont secoué toute l’ex-Yougoslavie de 1989 à 1995 ». Une chose est certaine : qu’on le veuille ou non, dans nos mémoires, « les méchants allemands, bien qu’il y en ait eu de bons, ont perdu la guerre, et les bons Français, bien qu’il y en ait eu de mauvais, ont gagné la guerre ». Dans notre histoire c’est un repère, car ce dont personne ne doute, c’est que l’injustice, la barbarie et le racisme ont fini par céder. Dans la mémoire des populations de l’ex-Yougoslavie, cette guerre laisse des traces d’une culpabilité très ancrée. Les populations très différentes qui cohabitaient, au mieux dans le respect des autres, au pire dans la résignation, ne voulaient surtout pas de cette guerre. Certes elles souhaitaient toutes un profond changement du régime et désiraient plus d’autonomie ; tout le monde savait bien que le désir de séparation de la Slovénie, poumon économique de la Yougoslavie, allait peser lourd dans la balance économique. Personne n’ignorait que l’accès à l’indépendance pour les autres pays de l’ex-Yougoslavie ne se ferait pas sans douleur. Mais au moment où les extrémistes se sont engagés dans cette brèche et ont commencé à planifier les expulsions jusqu’à programmer un plan d’épuration ethnique, personne n’a eu le temps de prendre conscience du drame qui allait submerger ces pays avec une rapidité foudroyante. Le désordre indescriptible dans lequel les affrontements se sont déclenchés s’est emparé de toute une civilisation pour la laisser dans le désarroi le plus profond. Les crimes de guerre se sont enchaînés à une allure vertigineuse. Les actes de barbarie se sont banalisés. Les violences faites aux civils ont fait partie de l’ordinaire. Au bout du compte, personne ne peut dire qui a gagné, qui a perdu, et personne ne pourra dire : «la justice et la fraternité l’ont emporté ». Il ne reste dans les esprits que les douleurs et les blessures, sans aucune perspective prometteuse pour l’avenir. La redistribution des frontières ne convient fondamentalement à aucune communauté. Voilà où mènent l’extrémisme et l’intolérance…

De plus, les frappes qui ont visé intentionnellement chaque usine, chaque station d’épuration, chaque centrale électrique, chaque équipement collectif, ruineront le pays pour très longtemps. Quelques résurgences financières relèveront la tête de rares régions avec un peu de tourisme, mais on ne fera pas de miracles avec ça. Les champs minés ne seront pas accessibles avant des dizaines d’années au prix d’efforts surhumains. La Bosnie-Herzégovine en particulier, souffrira encore longtemps de cette forme d’étranglement économique soigneusement planifié pendant la guerre. De nombreux spécialistes en économie internationale pensent de surcroît que les aides financières qui ont été orientées vers ces pays à la fin des événements n’ont pas été correctement affectées. Certaines installations collectives n’ont pas été effectuées en tenant compte des normes européennes, ce qui laisse songeur…était-ce délibérément leur fermer les portes du continent ? Je dois aussi rappeler l’état d’isolement culturel qu’accusent ces pays. Car en dépit des regards positifs portés sur l’avenir, les clivages ethniques subsistent…dans certaines écoles, on sépare enfants bosniaques et croates par étage…l’entrée dans l’Europe, avec ce boulet à la cheville, n’est malheureusement pas pour demain… Voilà souvent ce qui occupe les esprits de bon nombre d’habitants, quand il s’agit de tirer les leçons de ce drame. Sur un autre plan d’actualité, il faut aussi savoir l’opinion que ces populations formulent sur les valeurs humanistes du peuple français ou d’autres pays européens. Tous les habitants de cette partie du monde ne peuvent effacer de leur souvenir, les moments affreux qu’ils ont vécus, durant lesquels nos forces armées auraient dû courir pour les protéger…La patrie des droits de l’homme n’allait évidemment pas laisser un peuple de civils se faire massacrer sans que personne n’intervienne ! On parlait beaucoup sur les trottoirs, dans les rues de cette ville en novembre 1995, et nombreux étaient ceux qui se souvenaient avoir tagué avec des SOS les murs de Sarajevo en état de siège, ne doutant pas un seul instant que les caméras des reporters nous les adresseraient avec accusé de réception !!! Ils ont été assiégés d’un côté et ignorés de l’autre. C’est pour ces raisons que nous avons mis beaucoup de temps à instaurer un climat de confiance avec nos interlocuteurs. Questions…comment ferions nous en France, si notre pays basculait dans un tel foisonnement de probabilités ou d’improbabilités ? Où trouver ses repères entre une histoire chaotique, une actualité décevante et un avenir incertain ? On sait que le premier besoin que ressent tout être humain en société, après s’être assuré du minimum de survie, est de s’intégrer dans un groupe et de se sentir reconnu. La marginalité est une condition de vie qu’il est rarement capable d’assumer. Une autre particularité caractérise les êtres humains que nous sommes ; elle consiste à se faire instinctivement une opinion dès qu’une autre est formulée. Par son silence, l’homme redoute de s’exclure. Si les opinions de ceux qui l’entourent révèlent des intentions belliqueuses, son réflexe naturel est de se positionner, pour ou contre. C’est ainsi que malgré lui, dans ce type de situation, il peut se mettre en danger. C’est pour cette raison que le consentement général à l’ouverture d’espaces culturels représente la seule issue possible à ces échanges de points de vue, parce que l’imagination fertilise autant l’épanouissement de son propre raisonnement, que la compréhension de celui de ses semblables. C’est aussi pour ces raisons que les guerres noyautent toujours prioritairement tout ce qui touche à la culture de l’esprit…on comprend mieux ainsi, comment notre démarche devait se métamorphoser en projet d’échanges culturels.

 

Historique La Viva et projet Balkans  

 

L’association La Viva a été fondée en 1993. Un soir de printemps, j’avais invité un petit groupe d’artistes passionnés, à réfléchir sur les grandes lignes d’un projet, tracé sommairement. Au terme de cette première rencontre, nous étions convaincus que le pouvoir évocateur de la musique et de la poésie pouvait servir utilement la cause des droits humains. Le but était de proposer une œuvre vocale, capable de sensibiliser l’opinion sur les problèmes d’atteintes aux valeurs contenues dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Nous souhaitions aussi nous inscrire dans une démarche originale, qui consistait à valoriser le respect des ces droits plutôt qu’en dénoncer laborieusement l’ignorance. Autrement dit, produire des œuvres qui traitaient certes de sujets graves, mais toujours porteuses d’espoir et capables de suggérer des alternances dans les mentalités. On convenait alors d’adresser cette proposition à Amnesty International. C’est ainsi que du mois d’avril 1993, jusqu’au mois de novembre 1994, nous concevions une œuvre qui allait rassembler 200 choristes pour chanter contre l’oubli, un titre qui reprenait les termes de la signature d’Amnesty : « Ecrire contre l’oubli ». Une dizaine de concerts étaient organisés et devaient rassembler plusieurs milliers de spectateurs. Avec un budget de plus de 350.000 F 00 et des entrées gratuites compensées par des ventes de cassettes et de tee-shirts, nous parvenions non seulement à financer les frais de production, mais aussi à reverser 60.000 F 00 au bureau Clermontois d’Amnesty, avec un chèque accompagné de milliers de signatures sur les pétitions. Un formidable élan de solidarité qui a crédibilisé nos initiatives auprès des élus de la région, des associations et de la presse. Nous avions décidé au préalable, de fixer cette action dans le temps. En clair, il était prévu que chacun retourne à ses préoccupations personnelles dès que cette série de concerts serait achevée. C’est donc en décembre 1994 que nous décidions de mettre La Viva « en sommeil ». L’origine de notre projet d’échanges culturels avec la Bosnie, Croatie, Serbie… Dans le courant de l’année 1995, plusieurs responsables d’associations et ONG nous interpellaient en ces termes : « Nous avons assisté à vos concerts. Il émane de votre groupe une chaleur humaine, une image prometteuse de perspectives nouvelles sur le registre émotif mais réfléchi de vos convictions humanistes. Vous avez ouvert le sens de cette démarche à une Association qui en avait besoin, nous vous invitons à offrir ces mêmes instants à des populations en souffrance ». Ces ONG étaient en majorité ce que l’on a coutume d’appeler, selon les terminologies acceptées, des « urgentistes » ou des « urgenciers ».

 

- « Izbor » qui procurait une assistance juridique aux réfugiés.

 

- « le CCFD » Comité Catholique Contre la Faim et pour le développement, qui se consacrait à la relance de petites entreprises.

 

- « Pharmaciens Sans Frontières », fondé en Auvergne par Jean-Louis Machuron, un grand ami de La Viva.

 

Ces Organisations Non Gouvernementales nous expliquaient qu’elles n’étaient jamais en mesure d’assurer les prolongements relationnels de leurs actions. Dès qu’un programme d’assistance médicale ou pharmaceutique était en place, dès qu’un plan d’action de développement se réalisait dans un pays dévasté, on partait à l’autre bout du monde vers d’autres cataclysmes et on laissait des gens avec le nécessaire à survivre, mais dans la solitude et le désespoir.

Une autre perspective nous était suggérée : outre les instants de réconfort que nous étions susceptibles de créer, il était nettement question de développer des relations durables basées sur des échanges culturels. Le but était donc de favoriser l’émergence de nouvelles mentalités, et la culture des valeurs citoyennes, dans l’espoir de prévenir de probables résurgences de ces tensions ethniques. Ceci est très important dans la suite que nous aurons jugée utile de donner plus tard à ce projet, car d’un programme qui devait se faire en un an, on passait à un long terme sur 5 ans…nous approchons des 15 années de travail… Il s’agissait alors de concevoir un projet qui présente un intérêt préventif dans certaines parties du monde où de graves problèmes sociaux agitent les populations et rendent leur avenir incertain. Il apparaissait à cette époque, selon les suggestions d’observateurs compétents, que les pays du bassin méditerranéen devaient plus particulièrement retenir notre attention. Je me rendais à Paris afin de rencontrer ces interlocuteurs, et au risque de surprendre, avec la ferme intention de décliner cette proposition. Car si notre premier projet avait atteint ses objectifs, au-delà même des espérances, je pensais que le déploiement de telles énergies, en tenant compte de l’éloignement géographique, et des difficultés financières et techniques probables, serait tout à fait hors de proportions, donc irréalisable. C’était sans compter sur la pugnacité des responsables de ces associations. Ils devaient en effet rapidement progresser dans leurs réflexions car y avait encore plus urgent : nous rendre dans les pays de l’ex-Yougoslavie, à peine sortie du drame que l’on connaît, apporter des instants de réconfort et de chaleur humaine à ces populations, imaginer l’animation de nouveaux espaces culturels pour les aider à sortir de ce cauchemar, concevoir une nouvelle œuvre et la produire chez eux le plus rapidement possible. Ces associations avaient déjà débloqué les fonds nécessaires à une étude sur le terrain. Réitérant mes objections, je ne pouvais quand même pas me soustraire à cette étude, en précisant toutefois que j’en examinerais postérieurement tous les résultats et les soumettrais à l’approbation de tous les adhérents de La Viva...

→ 1er voyage d’étude. Novembre 1996. C’est ainsi que je voyageais aux côtés de ces responsables d’ONG au mois de novembre 1996 et devais rencontrer nos interlocuteurs en Bosnie et en Croatie ; à cette époque, l’entrée sur le territoire Serbe était encore impossible. Durant les 15 jours de cette mission, j’ai pu rencontrer nos premiers partenaires culturels en Bosnie et Croatie, à savoir des personnes désireuses d’entreprendre différentes actions, susceptibles d’être dynamisées par ce projet. Le pays était dans un état de délabrement considérable ; l’eau et l’électricité faisaient défaut, l’alimentation sommaire, la circulation très difficile, au milieu d’une présence militaire permanente très menaçante. Dans un climat tendu à l’extrême, je rencontrais des habitants encore hébétés et complètement désorientés, pleurant leurs morts et soignants leurs blessures, cherchant vainement à tirer les analyses ou les leçons de ces événements, mais désirant surtout parler de leur vécu récent…

…j’étais, au même titre que mes compagnons, harcelé par des gens qui voulaient à tout prix raconter ce qu’ils avaient enduré, ce qu’ils avaient redouté, la part entre le malheur vécu et le malheur supposé s’exprimant dans une totale confusion. Il fallait prendre conscience de l’immense tragédie qui s’était produite et de la demande d’une population qui suppliait qu’on l’aide à sortir de là. Force était bien de constater que cette étude risquait de nous mener tout droit vers une réalisation. Mais un premier obstacle, et pas des moindres, se dessinait dans nos esprits. Comment concevoir un tel projet ? Quand il s’agit de donner un coup de main à une association, le cadre moral, le sens de l’action, est prédéfini ; il est facile de considérer son éthique par rapport à la nôtre, et de vérifier sa conformité avec notre objet social. Admettons que nous soyons prêts à surmonter toutes les difficultés d’ordre matériel et pratique, au nom de quoi, au nom de quelle idée, était-il possible de s’adresser à une population toute entière ? Dans quel but, on le sait ; ce sont ces mêmes populations qui le formulaient. Mais dans ces masses, où peuvent fourmiller autant de volontés honorables que d’ambitions néfastes, comment pouvions nous développer un projet cohérent, authentique et intègre ? Nous savions aussi que nous devrions forcément passer par des entrevues avec des responsables qui seraient hostiles à ce projet, rien que par le fait d’en identifier, comme certains le disaient, des auteurs qui ne sont rien d’autre que des spectateurs occidentaux, ayant assisté à ce désastre confortablement installés devant leur téléviseur…Certains ne cachaient d’ailleurs pas que s’ils avaient affaire à des gens venus leur prêcher la réconciliation ou bien célébrer béatement les droits de l’homme, ils seraient très mal reçus ! C’était donc encore, à ce stade de l’étude, bien plus d’interrogations que de certitudes sur lesquelles nous méditions. Mais devant rester fidèles à notre engagement, nous avons travaillé pendant plusieurs mois, avec une équipe de 5 ou 6 personnes, à la rédaction d’un document qui devait permettre à tous les adhérents de se prononcer. Au terme de ce travail, nous animions en décembre 1996, une Assemblée Générale qui votait en majorité le lancement de ce projet. Il faut préciser qu’au cours des années durant lesquelles ce projet a mûri, la Viva s’est restructurée face à de nombreuses demandes d’associations. Elle s’est aussi élargie avec la fondation des autres Viva « Pays de Loire » et « Méditerranée ». La Viva franchissait alors un nouveau pas à la demande d’Amnesty International qui l’invitait à chanter à l’Opéra de Vichy pour le congrès national de 1998. Autre fait marquant dans cette chronologie : l’engagement significatif et consciencieusement réfléchi de nombreux élus locaux, qui devaient régulièrement contribuer au financement de nos initiatives. Entre temps, un collectif d’associations « Article Premier » nous invitait à célébrer le 50ème anniversaire de la DUDH, ce qui nous amenait à produire cette déclaration sous la forme d’une œuvre chantée…puis à la demande de la Mairie de Clermont-Fd, nous présentions cette déclaration universelle sur la place de Jaude pour le passage à l’an 2000. Plus tard, les demandes de concerts en soutien à des associations conformes à notre objet social, se sont multipliées dans les proportions que vous savez…nous totalisons aujourd’hui près de 150 concerts… J’en reviens au stade de notre étude de ce projet. C’est donc plus que jamais une décision du groupe tout entier qui a mis ce projet sur les rails…notre étude ne faisait aucun doute sur ses intentions humanistes, mais elle préfigurait sans ambiguïté les énormes difficultés auxquelles nous devrions faire face. Les termes de ce projet étaient toutefois très prudents. Mais on admettait qu’il était impossible de le concevoir à la perfection, qu’il fallait donc l’entreprendre en nous entourant d’un maximum de précautions et en veillant à lui conférer un caractère évolutif permanent. L’idée d’une tournée était validée, précédée d’un voyage d’étude, par une équipe dépêchée sur le terrain, pour imaginer ces développements avec les principaux intéressés. Mais les nouveaux événements qui allaient se produire au Kosovo en 1999, ont ralenti considérablement notre travail. Encore une fois, de nouvelles inquiétudes allaient perturber tout le pays. La collaboration avec les peuples de Serbie devenait impossible. C’était vraiment dommage car les responsables de La Viva venaient juste de rencontrer autour d’une table ronde à Paris, des responsables d’associations de Bosnie, Croatie et Serbie qui souhaitaient s’impliquer ensemble avec beaucoup d’enthousiasme, sur ce projet. Par la suite, nous avons hélas perdu la trace de ces amis, car la Serbie s’était isolée du reste du monde à cause de ses incursions brutales au Kosovo.

→ 2ème voyage d’étude. En 2001, alors que la situation se stabilisait à nouveau, nous décidions de limiter notre action, dans un premier temps, à la Bosnie-Herzégovine. L’ampleur de la tâche nous effrayait…comment avons-nous procédé pour choisir nos partenaires ? Le seul moyen qui était à notre portée était d’animer une multitude d’entretiens afin d’évaluer les affinités qu’il était possible de développer. Nous avons animé pendant ces voyages jamais moins de 5 à 8 entretiens par jours pendant 6 ou 7 jours, avec des conditions de circulation souvent très difficiles. Dans tous les cas, nos entretiens se déroulaient avec des interlocuteurs recommandés à l’avance par nos conseillers. Chaque entrevue était aussi minutieusement préparée avec des interprètes qui méritaient la plus grande confiance. Cet immense brassage, allait nous permettre de repérer les personnes ou les groupes sur lesquels nous pourrions vraiment compter. Jamais nous ne nous sommes autorisés à formuler le moindre jugement sur leurs intentions, mais ce long délai de préparation nous a permis d’en apprécier la pérennité. Les nombreux comptes rendus de ces entretiens et l’analyse que nous pouvions en déduire, nous conduisaient à organiser un deuxième voyage en mars 2002 avec les responsables de La Viva Pays de Loire, fortement impliqués dans cette action. A ce stade du projet, nous commencions alors à dissiper les doutes évoqués tout à l’heure et à mieux cerner notre possibilité d’entreprendre la démarche. Nous allions enfin pouvoir enraciner les premières bases de ce projet et l’entreprendre concrètement. Qu’il me soit permis d’ailleurs de remercier ces dizaines de personnes, qui de la conception à l’étude, puis de la mise en place du dispositif à la réalisation proprement dite, ont fait don de leur personne, mais aussi de leur temps, pour mener à bien cette tâche exigeante et parfois très ingrate. Ces personnes ont fait preuve de courage intellectuel, car en dépit de sa sincérité, ce projet ne représentait à l’époque qu’un trou béant, sans le plan d’architecture, ni les fondations, et encore moins la construction. Passer du rêve à la réalité, représentait une démarche laborieuse et supposait des esprits tenaces et convaincus. Tout ce que nous réussissons aujourd’hui, c’est aussi à eux que nous le devons. Et puisque nous en sommes là, que soient aussi remerciés les choristes et accompagnants bénévoles qui ont participé aux tournées, à leurs frais et sur leur temps de vacances. c’est ainsi que ce projet a donc fini par se faire, grâce aux relais que les uns et les autres ont su mettre en place au bon moment.

 → Les tournées… La première tournée de La Viva « Auvergne » et « Pays de Loire » se réalisait enfin au mois d’août 2002. La Viva « Méditerranée » quant à elle, était momentanément retenue sur d’autres engagements. A cette période, notre partenariat avec « Obrazovanje Gradi BiH » se scellait pour ne plus jamais se démentir, tant cette association nous prouvait son efficacité et ses aptitudes à organiser nos premiers concerts. De plus, ses responsables ont instantanément fait preuve de leurs qualités de discernement, quant à nous orienter vers des partenaires crédibles et en tous points conformes à notre éthique, autant qu’à en éviter d’autres avec lesquels nous risquions des récupérations et compromissions d’ordre politique. Immédiatement après, au mois de novembre 2002, nous financions la première tournée en France des « Choeurs des Balkans », qui se composaient de plus de 100 choristes de tous niveaux. Bien entendu, ces deux premières réalisations souffraient de nombreuses imperfections par notre manque d’expérience. Mais le courant passait et de tous les côtés, la totalité des participants ont toujours considéré en priorité, la qualité des choix humains qui caractérisait cette démarche. En juillet 2003, une deuxième troupe de La Viva « Auvergne » et « Pays de Loire » rejoignait la Bosnie. Beaucoup moins lourde à mettre sur pied, cette tournée était pratiquement organisée à 100% par OGBH entièrement guidée par La Viva « Pays de Loire » qui avait proposé de nous relayer. Dans la même foulée, nous organisions en novembre 2003 le forum intitulé : « Les Balkans et l’Europe ». Concerts, conférences, expositions, rencontres et débats s’étalaient sur 3 journées à la Maison de la Culture à Clermont-Fd. En 2004, La Viva « Auvergne » faisait un « break » alors que La Viva « Pays de Loire » entreprenait à elle seule une tournée d’artistes bosniens de Banja-Luka dans sa région. Au mois d’août 2005, les deux mêmes Viva engageaient leurs énergies mutuelles pour une tournée qui s’élargissait enfin aux pays de la Croatie et de la Serbie. Notre savoir-faire gagnait en maturité, et nous procédions aussi à une répartition des tâches avec OGBH. La confiance totale et l’indéfectible amitié qui nous unissaient alors ne pouvaient qu’accroître notre progression. Cette étape était décisive pour les prolongements que nous imaginions ensuite. C’est en effet à ce stade, que les désirs de rapprochement des peuples et de leurs cultures se sont nettement manifestés. Les groupes d’artistes impliqués s’ajoutaient aux élus qui dans chaque ville, tenaient tout particulièrement à s’associer à notre démarche. On respirait enfin cette atmosphère que nous rêvions de créer dix ans auparavant. Il ne sera pas nécessaire de mon point de vue, de vous faire un descriptif journalier du vécu de chacune de ces tournées. Deux raisons à cela : dès le début de la première tournée, les concepteurs devaient laisser place aux acteurs principaux, c’est à dire les choristes et accompagnants ; ensuite parce que ces mêmes acteurs ont dressé différents portraits, témoignages et compte rendus, albums photos… …et qu’ils seront certainement disposés à vous transmettre leurs impressions, leurs sentiments sur ce qui a été réalisé et la manière dont ils l’ont vécu…il suffit de faire en sorte que « anciens » et « nouveaux » se donnent la main pour animer ces échanges. Vous pouvez aussi vous documenter sur le site Internet www.laviva.fr et visionner le DVD « Rétrospectives et perspectives » réalisé en novembre 2009. Afin d’avoir une vue d’ensemble sur le déroulement de ce projet, reprenons simplement les termes exacts qui figuraient sur les documents que nous avons transmis à nos partenaires en 2001. Ce projet devait :

  

- installer des réseaux de relations humaines avec ces pays

 

- nous permettre de réfléchir ensemble sur les problèmes de société qui troublent notre actualité

 

- interpréter conjointement des œuvres qui évoquent l’avènement d’un monde stable et rassurant pour les générations futures

 

- encourager la renaissance de relations harmonieuses, en personnalisant toujours cette démarche sur les valeurs contenues dans la DUDH.

 

Les auteurs et compositeurs se sont donc consacrés à l’écriture d’une œuvre originale intitulée : « I will be free ». Cette œuvre allait revêtir un caractère inédit à La Viva, car elle devait répondre à certains objectifs spécifiques : suggérer des émotions oubliées, offrir des instants de divertissement, évoquer aussi les valeurs humanistes qui donnent un sens à notre existence. Les 100 choristes présents de la première tournée allaient donc interpréter un chant d’invitation dans nos langues respectives, un texte sur la liberté, une chanson sur le thème de l’amour et du désir, une séquence inattendue qui mettait en scène deux clowns un peu fêlés, et le texte de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. En scène, les familiarités entre choristes bosniens et français commençaient à se dessiner, l’hébergement chez l’habitant ou dans les structures collectives faisant le reste…Il en résulte un constat encourageant, car nous sommes parvenus à occasionner le développement d’affinités profondes et authentiques, à pérenniser des relations basées sur la confiance réciproque, et à restaurer des images de bonheur et d’espoir, pour des personnes qui ne pouvaient plus échapper aux fantômes de leur passé récent. Plusieurs chorales nous ont révélé en quoi ce projet avait éveillé en eux le désir de progresser sur le plan artistique, face aux enjeux que représentait leur prestation sur le sol français. Le phénomène le plus marquant, est que nos amis de ces pays se sont progressivement impliqués dans notre démarche, et ont manifesté durablement le désir de proclamer les valeurs humanistes qui nous sont communes. Certains groupes se sont éloignés d’eux-mêmes, non qu’ils aient été hostiles à ces valeurs mais parce qu’ils n’ont pas su saisir à temps cette opportunité. Peut-être était-il encore trop tôt. Peut-être leurs souffrances et leurs déceptions prenaient-elles encore trop de place dans leurs esprits. Quels que soient ces décalages, l’intérêt préventif qui nourrissait le contenu de notre projet initial est plus que jamais d’actualité. Nos consultants et conseillers le savent, aujourd’hui, ces peuples peuvent se ressaisir pour faire face à d’autres tentatives de belligérance, mais cet équilibre est encore précaire. Nous avions le devoir d’offrir à nos amis de ces pays, les espaces d’expression qu’ils souhaitent occuper, parce qu’ils ont l’assurance d’être entendus, parce qu’ils savent qu’ils peuvent exprimer le sens de leur culture sans se sentir menacés ni méprisés. C’est cette idée, et elle seule, qui nous a conduits à leur proposer cette tournée et ce concert au Zénith. Même si ce projet nous a offert à nous aussi, des moments d’épanouissement et de bonheur, il ne faut surtout pas perdre de vue que c’est très prioritairement pour eux que nous l’avons fait. …les nouveaux élans avec ces trois concerts mémorables au Zénith d’Auvergne, à Angers et à Mouans-Sartoux…

Nos amis de Bosnie, Croatie et Serbie manifestaient tous le désir d’interpréter un répertoire multiculturel, multiconfessionnel et inter ethnique. Autrement dit, tous avaient envie de chanter des morceaux qui reflètent la culture, les traditions et les croyances de leurs voisins autant que les leurs. Ils souhaitaient  offrir une image fraternelle de cette partie du monde où ils désirent vivre dans la paix et dans un esprit de tolérance. Par ailleurs, l’attachement que ces groupes exprimaient sur les valeurs contenues dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ne se caractérisait absolument pas sous la forme d’une démarche spirituelle, ni d’une démarche politique…Nos amis des Balkans ne souhaitaient en aucune manière crier leurs croyances religieuses ou leurs idéologies à la face du monde ; bien au contraire, ils souhaitaient montrer que leurs convictions spirituelles, autant que leurs repères identitaires, de cultures, de frontières, de nations, de constitution politique, de mœurs et de coutumes, forment une mosaïque qui reflète leur bonheur et leur désir de vivre ensemble. Ce serait une grossière erreur, de ne considérer leur démarche que sur du point de vue de leurs croyances. Ce serait porter un jugement très réducteur sur l’opinion qu’ils se font de leur existence et de leur avenir. Du reste, de leur point de vue, il n’était pas moins courageux d’interpréter publiquement des chants traditionnels de pays auxquels ils n’appartiennent pas. Personne n’ignore qu’aujourd’hui encore, des nostalgiques de cette affreuse période 1989 / 1995 considèrent ces choix d’un très mauvais œil… Comme nous, mais à leur manière, ils exprimaient plus leur principe de respect des cultures et des religions, et adoptaient ce répertoire commun pour sa valeur symbolique. Donc, nous restons bel et bien dans le cadre d’une démarche typiquement et strictement laïque. Encore aujourd’hui, il est bien clair que ce sont les Chœurs des Balkans qui sont porteurs de ces chants, et que nous leur faisons l’amitié de les interpréter avec eux. Tout comme La Viva est porteuse des morceaux qui l’engagent, « Vivre libre » et « Peuples de la terre » que les Chœurs des Balkans chantent avec nous.

Quatrième tournée en Bosnie-Herzégovine, Croatie et Serbie, 1er mai au 10 mai 2009… Plus courte que les précédentes, cette nouvelle programmation sur le calendrier satisfait notre objectif…constituer un effectif suffisant de choristes, mais aussi tenir compte des souhaits des responsables culturels sur le terrain, qui préfèrent nettement organiser ces concerts au printemps, dans l’espoir de rassembler un plus large public. Ce qu’il faut retenir de plus important, c’est qu’à la suite de cette inoubliable tournée française des Chœurs des Balkans en 2007, nos amis de Bačka-Palanka, Bugojno, Konjic, Mol, Pula et Sarajevo ont considérablement élargi leurs ambitions…ils veulent eux aussi, remplir les salles de leurs villes et chanter avec nous, participer au financement…et rêver d’une prochaine tournée sur le sol français…nous allons donc les rejoindre pour continuer de concrétiser avec eux les rêves qu’ils souhaitent réaliser…

 

 

Michel Pelletier

 

 Un tout petit peu de géographie

 

SERBIE capitale BELGRADE

Population : 10 422 000 habitants avec le Kosovo)

Communautés : Serbes 62.6 % - Albanais 16.5 % - Monténégrins  5 % - Hongrois 3.3 % - bochniaques 3.2 % - Roms 2% - Roumains 1.4 % - Croates 1.1 % - Slovaques 0.6% - Macédoniens 0.5 % - Bulgares 0.2 % - Turcs 0.1 % - Autres 3.3 %.

Religions : Orthodoxe 65 % - Musulmans 19 % - Catholiques 4 % - Protestants 1 % -

Autres 11 %.

Langue officielle : Serbe.

Autres langues : Hongrois – Albanais – Bochniaque – Rromani -  Bulgare – Roumain

Régime parlementaire : Démocratie parlementaire.

 

BOSNIE-HERZEGOVINE capitale SARAJEVO

Population : 3 989 018 habitants

Communautés : Bosniens 48 % - Serbes 37.1 % - Croates 14.3 % - Autres 0.6 %.

Religions : Musulmans 40 % - Orthodoxes 31 % - Catholiques 15 % - Protestants 4 % - Autres et Athées 10 %.

Langues officielles : Bosnien – Serbe – Croate.

Régime politique : République comprenant deux entités autonomes : Fédération de Bosnie-Herzégovine et Républika Srpskaz.

 

Petite question : comment réagirions nous en France si les français représentaient moins de la moitié de la population ?

 

CROATIE capitale ZAGREB

Population : 4 494 749 habitants

Communautés : Croates 78.1 % - Serbes 4.3 % - Bochniaques 0.9 % _ Hongrois 0.5 % - Slovènes 0.5 % - Tchèques 0.4 % - Albanais 0.3 % - Monténégrins 0.3 % - Roms 0.2 % - autres 14,4 %.

Religions : Catholiques 76.5 % - Orthodoxes 11.1 % - Musulmans 1.2 % - Protestants 0.4 % - autres 10.8 %.

Langue officielle : Croate.

Autres langues : Serbe – Italien – Allemand – Tchèque – Slovaque – Hongrois.

Régime politique : Démocratie parlementaire, République de type semi-présidentiel.

 

 Je veux citer aussi l'Avertissement que Florence La Bruyère  fait dans le livre de Jovan Divjak "Sarajevo mon amour" (livre n'ayant rien à voir avec le film)

"La Bosnie-Herzégovine est formée de deux régions, la Bosnie montagneuse au nord et l'Herzégovine, au climat méditerranéen, au sud.

Avant la guerre de 1992-1995, on appelle Bosniaque tout habitant de la Bosnie-Herzégovine, qu'il soit Serbe, Croate ou Musulman. Ces trois populations, toute d'origine slave et parlant la même langue (le serbo-croate), ont le statut de "nation constitutionnelle" de la Yougoslavie, comme les Slovènes, les Monténégrins et les Macédoniens. Le terme "Musulman" tel qu'il est utilisé dans la constitution Yougoslave rédigée sous Tito (avec un M majuscule) se réfère alors à une communauté nationale de culture musulmane, tandis que "musulman" (employé comme nom commun, avec un m minuscule) se rapporte à la religion. En 1991, la Bosnie-Herzégovine comptait 4,3 millions d'habitants dont 43,7 % de Musulmans, 31,4 % de Serbes et 17,3 % de Croates.

En 1993, les Musulmans décident officiellement de s'appeler Bosniaques (Bosnjak ou Bosnjaci au pluriel). Pour éviter la confusion en français, l'historien Paul Garde suggère alors d'appeler l'ensemble des habitants du pays, indépendamment de leur origine ethnique, par le mot Bosnien. Ce problème n'existe pas en serbo-croate qui, aujourd'hui comme hier, définit par Bosanac ou Bosanci au pluriel, les habitants de Bosnie-Herzégovine. Lorsque le mot "bosnien apparaît, il fait explicitement référence à la citoyenneté partagée, indépendamment des appartenances communautaires ou religieuses.

Un bosnien, qu'il habite en Bosnie-Herzégovine, en Serbie ou en Croatie devient bosniaque ou bochniaque s'il est de confession musulmane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lundi 17 juillet 2006 1 17 /07 /Juil /2006 13:50

DANS QUEL MONDE VIVONS NOUS ?

 

 DANS PAREIL CONTEXTE

 

J’AI BESOIN D’UNE FEMME KLEENEX

FAUT T’Y FAIRE MA BELLE  

BIENTÖT J’TE JETTE A LA POUBELLE

 AU BOULOT C’EST PAS MIEUX

T’AS BEAU ÊTRE CONCURRENTIEL

FAUT T’Y FAIRE MON VIEUX

56 ANS T’ES BON POUR LA POUBELLE

   

ET QUE DIRE DE TA BANQUE

T’ES BON SI TES COMPTES SONT PLURIELS

MAIS SI DE SOUS TU MANQUES

ALORS VIREZ, JE VOUS MET A LA POUBELLE

 

CA NE VOUS ARRIVE JAMAIS A VOUS DE NE PAS AVOIR LE MORAL?

BEN A MOI SI DES FOIS CA M'ARRIVE. ALORS JE FOUT LE BOURDON A UN COUVENT DE NONNES ET ON ME SUGGERE DE PREFERER LA FEMME CHOCOLAT, DOMMAGE POUR MOI, OLIVIA RUIZ EST PASSEE PAR LA. A MOI AUSSI ON POURRAIT COUPER LES HANCHES A LA HACHE, J'AI TROP MANGE DE CHOCOLAT SURTOUT EN CE MOMENT, EN PERIODE DE FETES DE FIN D'ANNEE.

D'AILLEURS A PROPOS DE FETES DE FIN D'ANNEE, JE REVIENS DE LA HAUT DANS LES MONTAGNES DE HAUTE-SAVOIE. J'AI PASSE UN MAGNIFIQUE NOEL AVEC "MA FAMILLE". J'AI PU PROFITER DE MES PETITS ENFANTS CA C'EST UN VRAI BONHEUR A L'ETAT PUR, DONT JE NE ME LASSE PAS ET SI POUR EUX JE SUIS MAMY KLEENEX, C'EST TOUT SIMPLEMENT PARCE QU'ILS ONT UN RHUME.

ET 2007 COMMENCE SOUS DE MEILLEURES AUSPICES, J'AI ENFIN DEGOTTE UN BOULOT CA AUSSI C'EST BON POUR LE MORAL. JE N'AI PAS ENCORE TROUVE LE GRAND AMOUR MAIS PEUT-ETRE QUE CA VIENDRA ET PUIS SI CE NE VIENT PAS, FINALEMENT PAS TRES GRAVE, L'IMPORTANT C'EST D'AVOIR UNE FAMILLE QUI M'AIME COMME JE SUIS ET QUE J'AIME TOUT SIMPLEMENT ALORS FINIE LA FEMME KLEENEX, CELLE LA JE LA MET A LA POUBELLE ET VIVE LA VIE, VIVE L'AMOUR, VIVE LA JOIE ET VIVE LA PAIX.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 1 février 2006 3 01 /02 /Fév /2006 14:17

j'ai entendu ce matin sur ma radio préférée, normalement il ne faut pas faire de publicité, mais bon, c'est France Inter "quand même". Donc je disais que j'ai entendu ce matin une nouvelle façon de procéder aux enterrements en Amérique, c'est l’enterrement "travelling" c'est à dire que le cercueil est placé devant l'église ou le cimetière et que les « invités » ne descendent plus de voiture, quelqu’un leur remet une fleur à déposer sur le cercueil en guise d’hommage, j’aurais plutôt envie de dire dommage.

En effet quelle place donne t’on au mort, juste quelqu’un dans une boîte à qui on balance des fleurs ???, une personne que l’on a côtoyée de près ou de loin mais que la disparition laisse indifférente ? quelqu’un que l’on a aimé mais à qui l’on n’accorde plus de temps, maintenant tout doit aller vite, la vie, le travail, les amours, la mort…..le deuil.

  Mais justement, le temps de deuil, le temps nécessaire à l’acceptation de la disparition d’une personne que l’on a aimée, qu’en fait-on ? On se retrouve allongé sur le fauteuil d’un psy pour pouvoir parler de son chagrin. Le deuil c’est parfois un long et délicat parcours et ce n’est pas en bâclant l’enterrement qu’on y arrive.

 Moi, Je propose qu’on installe un Mac-drive au bout de la chaîne, comme ça, après avoir balancé sa fleur sur le cercueil, on s’achètera son big-mag avant de retourner bien vite au boulot.

 C’est la société auto, boulot, auto, enterrement, bouffe, boulot, dodo…..

 Pourvu qu’on ne voit pas arriver « ça » en France. Dieu, s’il existe, nous en préserve.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lundi 30 janvier 2006 1 30 /01 /Jan /2006 21:13
PHOTOS DU VOYAGE EN GRECE 

JE NE PEUX PAS DORMIR, J'APPRENDS A VOLER

DANS LA CHAMBRE D'HOTEL B AND B DE NANTES

 

 

 

DANS L'AVION

 

 

 

 

 

VUE DU MASSIF CENTRAL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   L'HYDROGLISSEUR (OH LA SALE BËTE)

      

 

 

 

  NOTRE HOTEL

 

                                                NOTRE CHAMBRE    

 LA SALLE A MANGER

SCULPTURE EN MARBRE DANS LA SALLE A MANGER

 

 

UN BON PETIT DEJEUNER

LA PISCINE DE L'HOTEL VUE DE NUIT

UNE PETITE PLACE A POROS

 

 

  LES COMMERCANTS DE POROS EN PLEINE ACTIVITE

 

UNE RUELLE A POROS

 

 

 

LE MONASTERE DE ZOODOCHOS PIGHIS

 

 

VUE PRISE DES HAUTEURS DE POROS

 

 

   

    LE CONTINENT VU DE POROS

 

 

  

 

 

 

TOUJOURS SUR LES HAUTEURS DE POROS

 

 

 

 

 

 

 

 

DEUX SIRENES EN DIRECTION D'HYDRA

PINCE MI ET PINCE MOI SONT DANS UN BATEAU

 

 

 

 

             LE PORT D'HYDRA

 

 

 

 

 

C'EST TOUT MIGNON

 

 

 

 

                       

 

 

LE FAMEUX BLEU GREC

 

 

 

 

HYDRA 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE PORT D'HYDRA

 

 

 

 

 

A HYDRA LES VEHICULES MOTORISES SONT INTERDITS, IL RESTE DONC LA MARCHE A PIED, LE VELO ET LES ANES

INTERIEUR DU MONASTERE D'HYDRA ET SON CLOCHER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEPART VERS LE CONTINENT

             

 

POROS VU DU CONTINENT

 

 

 

 

 

 

 

 

LES BEAUX RAISINS A POROS

LES BOUGAINVILLES ILS SONT SUPERBES

 

 

 

 

 

 

 

 

LE TOUR DE L'ILE DE POROS EN BATEAU AVEC NOS DEUX COPINES

 

DUR RETOUR A LA REALITE, UN PAUVRE PETIT DEJEUNER DANS NOTRE HOTEL A NANTES

 

 

 

CA ME BARBE DE RENTRER !

 

 

 

ET MOI DONC !

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Dimanche 15 janvier 2006 7 15 /01 /Jan /2006 14:28
LES CARTES DE VŒUX, EN ECRIRE OU PAS ?
 
Tous les ans ça recommence, le mois de janvier c’est le mois des vœux, certains trouvent ça ringard, « ça ne sert à rien », c’est juste une formule de politesse, de toute façons, pour les gens qu’on aime bien, forcément on leur souhaite de passer une bonne année et puis pour les autres, les cartes qu’on adresse par pure courtoisie, finalement que ces personnes là passent une bonne année ou non, on s’en fout !
 
D’autres, comme moi restent fidèles à cette tradition.
 
Il y a deux façons de voir les choses :
 
Tout d’abord les cartes que j’écris, je prends le temps de choisir les personnes à qui j’en enverrai, j’élimine celles qui ne répondent pas, 1 fois, 2 fois et hop, rayées de la liste. Pour les autres, je fais sur ordinateur une carte commune en y insérant une photo récente, il y en a toujours une du Noël d’avant, je mets des vœux identiques à tout le monde et ensuite, j’ajoute manuellement quelques mots qui correspondent à la personne à qui la carte est dédiée, ainsi chacun a quand même « sa » carte personnalisée.
 
Ensuite, il y a celles que je reçois et moi ça me fait toujours plaisir d’avoir quelques nouvelles d’ami(e)s, de cousins, cousines, d’oncles et tantes qui sont éloignés mais avec qui je suis toujours en très bon terme, la seule chose est que l’éloignement géographique fait que nous ne nous voyons pas car de la famille et des ami(e)s, j’en ai d’éparpillé un peu partout dans l’hexagone et aussi hors frontières.
 
C’est vrai qu’il y a quelques personnes qui ne se foulent pas trop, « bonne année, bonne santé » lorsque j’étais plus jeune certains ajoutaient « et un petit mari pour la fin de l’année », maintenant, « on ne me la fait plus ». J’ai été mariée, à présent je suis veuve et à 55 ans ça ferait quand même drôle d’ajouter ce genre de boutade, déjà qu’autrefois je trouvais ça stupide, alors maintenant… !
 
Puis il y a un courrier que j’apprécie par dessus tout, j’ai une amie qui est aveugle mais qui tous les ans, malgré son handicap m’écrit, eh oui !, je dis bien m’écrit une lettre pour présenter ses vœux, la lettre n’est peut être pas très longue, pas très bien écrite, mais quand on pense à l’effort que ça lui demande je trouve ça tout simplement génial ! et je suis toujours émue lorsque je la reçois car je sais que pour elle l’écriture est quelque chose de très difficile.
 
Alors, au risque de paraître ringarde aux yeux de certains, OUI, je continue a perpétrer cette tradition que je trouve quand même bien sympathique.
 
Alors BONS VŒUX A TOUS
 
 
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Lundi 9 janvier 2006 1 09 /01 /Jan /2006 10:50

 

DIETETIQUE ET LITHIASE RENALES CALCIQUE
docteur Olivier Taxer (Paris)
Les habitudes alimentaires représentent une cause essentielle dans la formation des calculs calciques (particulièrement pour les calculs oxalo-calciques, maladie des société d'abondance) Les mesures diététiques pour la prévention de la résidive sont de deux ordres :
CURE DE DIURESE
REGIME ALIMENTAIRE
REGIME ALIMENTAIRE
 
1) CURE DE DIURESE
La cure de diurèse représente l'augmentation du volume des urines par augmentation des apports hydriques (boissons). Elle permet de diluer les urines et ainsi de limiter les phénomènes de cristalisation.
C'est la mesure la plus importante qui doit être respectée par tout patient lithiasique.
LE VOLUME DES URINES DOIT ETRE SUPERIEUR A 2 LITRES CHAQUE JOUR
Combien faut-il boire ?
La quantité de boisson doit être adaptée par chaque patient pour obtenir une diurèse de deux litres. Généralement il faut boire entre 2,5 et 3 litres par jour (pour ma part, c'est 2,6 Litres)
Le recueil régulier des urines de 24 heures pour en mesurer le volume permet de contrôler la réalité de la cure de diurèse.
Quand faut-il boire ?
Les boissons doivent être régulièrement réparties toute la journée.
Il faut boire le soir au coucher ou en cas de réveil nocturne (verre d'eau sur la table de nuit), car les urines sont particulièrement concentrées en substances lithogènes durant la nuit.
Que faut-il boire ?
La qualité des boissons est moins importante que la quantité. Les apports quotidiens en calcium ne devant pas excéder 800 à 1000 mg par jour, la nature de l'eau doit être adaptée à sa teneur en calcium et au goût du sujet pour les produits laitiers (fromage, lait, yaourts, crème glacées).
Les eaux recommandées sont celles du massif central et des pyrénéens. Pour ma part, je bois de la Volvic et de la Mont-Roucous. Il faut changer d'eau régulièrement.
 

Nature de l'eau
  Teneur en calcium en mg/litre
Mont-Roucous                   
1,20 mg/l
Volvic                    
10,00 mg/L
Eau de sources                                 
10 à 120 mg/L
Contrexéville                       
486 mg/L
Evian                    
78 mg/L
Eau de ville, Vichy célestins
80 à 120 mg/L
Badoit                                  
191 mg/L
Vittel                                         
202mg/L
Hépar                                   
555 mg/l

 
 
Ce petit tableau vous donne une petite idée de l'attitude à tenir par rapport au choix de son eau, plus elle est riche de calcium et moins il reste de place pour le calcium contenu dans les aliments. Ainsi une personne qui boirait 2,5 litre d'Hépar aurait déjà ingurgité plus que la ration journalière de calcium.
Les jus d'agrumes (orange, citron, pamplemousse) sont conseillés car ils sont riches en citrate, puissant inhibiteur de la cristallisation. On recommande la prise de deux verres de jus par jour (contenant 50 à 100 mg de vitamine C : apport quotidien recommandé)
Quelles boissons faut-il éviter ?
Le thé en raison de sa richesse en oxalate
boissons sucrées ou salées favorisant l'excrétion urinaire du calcium
la bière en raison de sa teneur en prurines
2) REGIME ALIMENTAIRE
Il ne s'agit pas d'un régime à proprement parler mais plutôt d'une ré-équilibration des habitudes alimentaires.
Apport en calcium :
Il n'en faut ni trop, ni trop peu
Comme dit plus haut les apport doivent être de 800 à 1000 mg/L
Généralement on recommande la prise de 2 à 3 produits laitiers par jour
(1 verre de lait (15 cl) = 1 yaourt = 100 g de fromage blanc

Produits laitiers
Teneur en calcium pour 100 mg
Lait entier ou demi-écrémé            
120 mg/100g
yaourts                                         
150 m g/100g
Crèmes glacées
150 mg/100g
Petits suisses                                        
10mg/100g
Brie - chèvre frais - fromage blanc
   120 à 160 mg/100g
Chèvre sec - Munster, lait concentré, coulommiers   
200 à 250 mg/100g
camembert, bleu        
450 mg/100g
Roquefort, cantal    
600 - 700 mg/100g
Gouda, édam, comté, gruyère        
900 à 1000 mg/100g
Emmental, parmesan                 
1200 mg/100g

donc, il vaut mieux éviter de manger 100 d'emmental sinon on ne mange plus rien de la journée.
Apport en sel :
L'excès de sel alimentaire augmente la natriurése (excrétion de sel dans les urines) qui augmentent elle-même la calciurie (excrétion de calcium dans les urines)
l'apport recommandé est de 3 à 5 grammes par jour. Il faut éviter les aliments et les repas salés (charcuterie, restauration rapide, chinoise, mexicaine...) et ne jamais ajouter de sel à table.
Apport en protéines animales :
L'apport protéinique doit être limité à 2 grammes par kilo de poids et par jour. Ce qui correspond à un apport de viande, poisson, volaille d'environ 150 g/j (120 à 180 g selon le poids du patient) = 2.3 oeufs.
Apport en oxalate :
Les aliments riches en oxalates doivent être évités.
En France, le chocolat représente la plus grande source d'oxalate.
La vitamine C prise en grande quantité (comprimés de 500 mg à 1 g) est déconseillée de même que les noix, les noisettes et les amandes.
 
 

Aliments pauvres en oxalates
Teneur en oxalate mg/100g
VIande, poissons, volailles, oeufs           
   < 2 mg/100g
Produits laitiers                                       
   < 2 mg/100g
Fruits, légumes                                          
     1-10 mg/100g
Pain      
20 mg/100g
haricots verts                                                 
   30 mg/100g

               

aliments riches en oxalates
Teneur en oxalage mg/100g
rhubarbe    
460 mg/100
Betteraves rouges cuites, figues, persil, fruits secs   
200mg/100g
Epinards, poivre, céleri                                                
600 mg/100
Oseille, thé                                                                 
750 mg/100
Chocolat noir, cacao                                               
500 - 900 mg/100g

A vos calculettes, en effet, il est rare de manger 100 g de persil dans une journée, par contre, pour les amateurs de betteraves, 100 g ne représentent pas grand chose.
Il y a aussi les aliments déclencheurs de crises, pour moi, c'est les tomates, les épinards, les bettereves, les asperges et l'ananas (dommage, j'adore ça)
Divers :
Eviter les aliments riches en prurines qui augmentent l'uricurie (quantité d'acide urique dans les urines) à l'origine des calculs d'acide urique et oxalo-calciques.
ALIMENTS PAUVRES EN PRURINES

Aliments
Teneur en prurines en mg/100g
Cabillaud, veau, oie              
100mg/100g
Chevreuil, lièvre, porc           
115 à 125 mg/100g
Pois secs, pois chiche        
   150 mg/100g
Lentilles                                 
160 mg/100g
Poule
175 mg/100g

 
ALIMENTS RICHES EN PRURINES

Aliments
Teneur en prurines en mg/100g
Hareng
205 mg/100g
Rognons, bouillon cube, thon 
250 mg/100g
Foie de bœuf - veau, truite     
280-300 mg/100g
Sardines à l'huile - anchois    
350 mg/100g
Ris de veau                           
990 mg/100g

Eviter les sucres d'absorption rapide (confiserie, sucres raffinés, pâtisserie), privilégier les sucres d'absorption lente (pâtes - riz)
Augmenter l'apport en fibres alimentaires qui réduisent l'absorption d'oxalate.
En cas de surpoids, lutter contre l'excès calorique qui favorise l'hypercalciurie, l'hyperoxalurie et l'hyperuricémie.
Lutter contre la sédentarité.
3) En résumé :
- Boissons : 2.5 à 3 litres par jour, réparties sur la journée
- calcium et protéines 800 à 1000 mg par jour
- sel : 3 à 5 grammes par jour, ne jamais ajouter de sel.
Oxalate - acide urique : éviter les aliments riches en oxalate : chocolat +++
-    éviter les aliments riches en prurines
-    éviter les sucres rapides : bonbons, pâtisserie
- augmenter l'apport en fibres
Ces règles diététiques doivent être simples et faciles à appliquer.
- Elles doivent être respectées à vie
- Elles sont inutiles si la diurèse quotidienne de 2 litres n'est pas obtenue.
BOIRE BEAUCOUP - MANGER MIEUX - MANGER MOINS SONT LES MESURES INDISPENSABLES POUR LA PREVENTION DE LA RECIDIVE LITHIASIQUE.
 
Par DEQUIDT - Publié dans : mariebrigitte
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Dimanche 8 janvier 2006 7 08 /01 /Jan /2006 12:25

 

 

  

TOMBOLA


AU COMMENCEMENT

 IL Y A UNE TOMBOLA

  Décembre 2002, Marie Christine et Gérard se rendent chez "Monsieur Meubles" à Sablé s'acheter leur petit cadeau de Noël.

 Une tombola est organisée offrant à l'heureux gagnant 1 000 Euros de voyage. En mettant son bulletin dans l'urne, Marie Christine dit à l'employée, "souvenez-vous bien de moi, vous allez me revoir, car le bulletin gagnant, c'est le mien. Bien sur, la vendeuse se marre.

 Au mois de février 2003, coup de fil chez les "Pluvinage"

 -         Madame, ici c'est "Monsieur Meubles", nous avons le plaisir de vous annoncer que vous avez gagné les 1 000 Euros de voyage, félicitations.

 -         Vous voyez, je vous l'avais dit que vous entendriez parler de moi eh bien c'est fait ! Je suis super contente.

 Le soir même à la maison Pluvinage et à la maison Dequidt :

 -         Tu te rends compte, j'ai vraiment gagné, c'est super génial.

 -         Comme je ne peux pas prendre de vacances, propose à Marie Brigitte de t'accompagner

 -         Oh ben oui, elle va sûrement être contente !

 -         Allô ! Marie es-tu prête à mettre un peu de sous dans un voyage ?

 -         …. Ben oui, ça dépend pourquoi ?

 -         Je viens de gagner 1 000 Euros de voyage chez Monsieur Meubles, et comme Gégé ne peut pas venir, il te laisse sa place

 -         SUPER !

 -         Maintenant, il reste à trouver la destination, je vais à l'agence de voyage le plus vite possible et on voit ça.

 Après passage en revue des catalogues, nous jetons notre dévolu sur la Grèce et plus précisément sur l'hôtel "Sirène" à Poros. Le voyage est organisé par FRAM.

 Marie Christine s'occupe de tout. Elle fait les démarches auprès de l'agence et ensuite nous allons ensemble faire les réservations.

 Quand tout est prêt, Marie Christine se rend à nouveau à l'agence et reçoit pour chacune de nous un dossier complet, comprenant un livret sur l'aéroport de Nantes, un guide sur la Grèce et les étiquettes pour les bagages. Quelques semaines plus tard, coup de fil de l'agence, les billets d'avion sont arrivés. Départ de Nantes samedi 20 septembre 2003 à 9 heures, arrivée Athènes à 13 h 15 (heure locale).

 Pour le retour, départ d'Athènes le samedi 28 septembre à 22 h 10, arrivée Nantes 0 h 35 (heure locale)

 Il y a une heure de décalage. Quand il est midi à Athènes, il est 13 heures à Paris.

 Nous voilà donc prêtes pour ce merveilleux voyage.

 Plus qu'à attendre le jour J.

 Et le voilà…

 VENDREDI 19 SEPTEMBRE 2003

 Après une matinée de boulot, départ pour Nantes.

 Le taxi arrive beaucoup trop tôt, donc une heure de glandouille à la gare de Saumur. Arrivée à Nantes, j'attends Marie Christine et nous prenons un pot réparateur car il fait bien chaud. Nous prenons ensuite la navette pour nous rendre à l'aéroport et repérer les lieux. Un monsieur nous explique comment nous rendre de l'aéroport à l'hôtel B & B, mais comme toujours nous n'en faisons qu'à notre tête et nous nous gourons. Finalement, nous nous rangeons à ses explications et là, tout va bien. La dame à la réception nous signale que si nous  retournons à l'aéroport nous pouvons prendre un caddie à bagages et le laisser dans la chambre d'hôtel. A peine sortie de la chambre, on en vise un, on ne sait pas à qui il est, mais nous décidons qu'il sera à nous. Na !

 Dans la soirée, visite de l'aéroport histoire de bien repérer les lieux et nous prenons notre repas du soir sur place. Au menu, tagliatelles au saumon et une bonne petite bière.

 Nous sommes surprises par le nombre de voitures qu'il y a dans les parkings de l'aéroport et le peu de monde dans les bâtiments. Là dessus, nous n'aurons aucune explication.

 Ensuite, nous retournons à l'hôtel  et après une bonne douche, DODO !

 SAMEDI 20 SEPTEMBRE 2003

 Ca y est, c'est le grand jour. La nuit a été courte, réveil à 4 h 30 du mat, il y a le temps, j'essaie désespérément de me rendormir sans y parvenir. Marie Christine se réveille à 5 heures. De toutes façons tout le monde debout à 6 heures. Douche et habillage puis un petit jus dans le hall de l'hôtel et à 7 heures départ pour l'aéroport. Nous sommes plus douées que la veille, le chargement sur le caddie se fait en deux temps trois mouvements et en 10 minutes nous sommes à l'aéroport. A 7 h 30 les formalités pour l'embarquement commencent.

 -         1ère phase : contrôle du billet d'avion et de la carte d'identité, on nous remet un joli sac FRAM, qui fera très bien comme sac de plage.

 -         2ème phase : pesée et enregistrement des bagages.

 -         3ème phase : passage aux rayons X du sac à dos et du bagage à main.

 -         4ème phase : direction la salle d'embarquement, nous en profitons pour faire un tour rapide dans le magasin des produits détaxés.

 -         5ème phase : passage au guichet avant la passerelle d'embarquement

 -         6ème phase : appel des passagers par numéros et direction l'avion.

 Comme à chaque étape on nous demande le billet et la carte d'identité, ça prend forcément beaucoup de temps.

 8 h 45 nous voilà tous installés dans l'avion, j'ai la place 25 F je suis près du hublot. Marie Christine a la place 25 E, elle a la place du milieu. Nous voyageons avec un groupe du Crédit Agricole de Bretagne. L'avion est complet.

 9 h 00 ça y est, le commandant de bord nous salut, nous souhaite un excellent voyage et nous décollons.

 Là un magnifique voyage commence. Au passage, nous survolons Poitiers, le Massif Central, la baie de Nice-Menton, la Corse, l'île d'Elbe, les volcans de l'Etna et du Stromboli. Par moment, nous sommes complètement au dessus des nuages ce qui donne l'impression de voler au dessus d'un paquet de coton hydrophile. C'est absolument magnifique.

 A milieu du vol, on nous sert un bon petit déjeuner : omelette avec des tomates, pain, beurre confiture, jus d'orange, pain au chocolat, le tout arrosé de café pour Marie Christine et de thé pour moi. Ce n’est pas pour dire, mais ça fait du bien.

 Au moment de la descente, Marie Christine n'a pas pris ses chewing-gums assez tôt, elle a très mal aux oreilles. Pour moi, tout va bien.

 L'atterrissage se passe à merveille et tout le monde applaudit.

 Arrivé à l'aéroport d'Athènes, il y a des kilomètres de tapis roulants et d'escalators, ça nous semble interminable et nous arrivons enfin au tapis roulant pour récupérer nos bagages, faut pas se louper quand nos valises passent.

 Ensuite une hôtesse FRAM nous attend pour nous expliquer la suite de notre programme. Un chauffeur de taxi est mis à notre disposition et nous emmène au port du Pirée, c'est à environ 50 km de l'aéroport d'Athènes et le voyage n'est pas triste. Il double à droite, à gauche, ne connaît ni les limitations de vitesse, ni les distances de sécurité, en plus, il klaxonne à tous les coins de rues. Ouf ! Nous voilà enfin au Pirée. C'est un grand port très impressionnant par le nombre et la grosseur des bateaux qui s'y trouvent. Nous sommes hélas gênées par nos bagages, nous ne pouvons donc pas aller nous promener. Nous attendons notre hydroglisseur, il est 14 h et nous ne partons qu'à 16 heures, donc 2 heures d'attente. Soudain un gros doute nous submerge, comment allons nous faire pour aller du port de Poros à l'hôtel ? Un moment plus tard, nous nous souvenons que notre hôtesse nous l’a dit, un pilote-vacances vient nous chercher. Quel soulagement !

 16 heures, ça y est nous sommes dans l'hydroglisseur prêtes à partir…

  Il part, j'avais dans l'idée que je n'aimerais pas ça et ça se confirme. Nous sommes ballottées de tous les côtés, en plus la clim. est mise à fond et il caille. Après 2 escales et une traversée d'une heure 10 nous voilà à Poros et là, notre pilote-vacances nous attends comme prévu. Il s'appelle Jérôme. Taxi à nouveau jusqu'à l'hôtel. Terminus du voyage, il est 18 heures (heure locale) et nous sommes bien contentes d'être arrivées. Nous prenons possession de notre chambre qui est spacieuse et jolie, rangement de nos petites affaires dans les placards, douche, et promenade dans l'hôtel. Comme dit Jérôme, il est monté à l'envers. Vu la topographie du terrain, c'est assez logique. Comme c'est difficile de déplacer la mer, elle se trouve au niveau – 1 et comme nous sommes en montagne, la réception se trouve au niveau de la route, soit le niveau 5.

 Ce qui donne cela :

 - Niveau - 1 la mer, puis un niveau au-dessus, le bar de la piscine en terrasse couverte, on peut y manger le midi et encore au-dessus la piscine, elle est très spacieuse, mais les gens préfèrent se baigner dans la méditerranée, c'est normal elle est encore chaude en cette saison.

 Niveau 0 salle de restaurant et environ 25 chambres

 Niveau 1 Niveau 2 – 3 – 4 -  chambres à tous les étages (25 par étage) et partout des petits salons, au niveau 4 il y a aussi le bureau Fram, les animateurs font leur permanence tous les soirs.

 Niveau 5 réception, elle est remplie de petits salons avec canapés et fauteuils confortables et table basse. Salle de spectacle et de musique, + le bar d'intérieur là encore, il y a plein de petits salons partout, c'est très sympa. Tout cela fait un bel hôtel qui garde une taille humaine malgré tout.

 Le soir, petit apéro sur la terrasse bien tranquilou puis nous passons à table, nous sommes installées avec un couple frisant la cinquantaine assez gentils, ils nous proposent un verre de vin blanc résiné, je n'aime pas trop et Marie-Christine pas du tout. Le repas commence par un buffet d'entrée, on se laisse carément bleuffer et nous n'avons plus faim. Il faut pourtant manger la suite du menu : courgette farcie, escalope pannée, purée maïs et dessert. Le tout est trop copieux, nous serons moins gourmandes sur le buffet demain. Après tout ça, la fatigue aidant, nous regagnons notre chambre et après une douche encore une fois DODO. Nous nous écrasons comme des mouches.

 DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2003

 Nous avons décidé que ce serait la "journée Bulle". Après le petit déjeuner qui est présenté en buffet et est particulièrement copieux. Il y a de tout : œufs durs, œufs bacon (pour les anglais), œufs coque, plein de céréales de toutes sortes, marmelades et confitures en tout genre, fromage blanc à la grecque, il est plus consistant et plus crémeux que le nôtre, charcuterie, fromages etc…

enfin bref, nous passons une bonne heure à table et nous filons à la plage. Nous repérons une petite crique avec parasol et 2 transats, l'endroit nous plait, nous nous y installons. La plage est en galets et une partie en béton. Il doit y avoir au moins une centaine de transats disséminés partout, tout est fait pour que le client se repose. Nous nous baignons à plusieurs reprises. L'eau est bonne et bien salée. Nous avons emporté des mots croisés, et ça y va. Baignade, bronzette et re mots croisés. A midi, nous sommes conviées au pot d'accueil offert par Fram. Jérôme nous donne toutes les explications concernant la vie dans l'île et nous propose les réjouissances de la semaine. Plusieurs excursions sont organisées, mais chacun fait ce qu'il lui plait. Puis, Ouzo pour tout le monde, c'est ma fois bon, je préfère ça à nos boissons anisées de chez nous.

 Etant donné le petit dej que nous avons pris, nous nous contentons de melon  et de yaourt, le pot fait quand même 220 g et ressemble plus à de la mascarpone qu'a du yaourt. Les fabricants français de "yaourts à la grecque" n'ont qu’à bien se tenir. L'après midi nous redescendons à la plage faire trempette et nous changeons de place au gré des déplacements du soleil.

 En soirée nous descendons à Poros par le bus pour faire connaissance avec l'île, tarif 0,90 Euros par personne) c'est très sympa, il fait encore très bon et la promenade est des plus agréable. Nous remontons à l'hôtel par le même moyen de transport. C'est cool, le bus n'a pas d'arrêt officiel, il suffit de faire signe au chauffeur pour descendre et de lui indiquer hôtel sirène pour le retour, il nous laisse à la porte.

 Au retour, petite douchette et apéro toujours sur la terrasse. Puis direction la salle à manger pour le repas du soir.  Le buffet d'entrée est aussi copieux que la veille, mais cette fois on ne se laisse pas avoir, juste un peu de salade de tomates et de concombre. Ensuite, pâtes au gratin, filet de sole avec frites et haricots verts et glace au chocolat. Pâtes et pommes de terre dans le même menu, c'est pas mal.

 Nous avons de nouveaux voisins, le couple d'hier soir a sans doute préféré rester seul. Nous avons à la place deux jeunes couples. Mon voisin d'à côté est très grand si bien que je n'entends rien de ce que dit le voisin plus loin. Enfin, ce n’est pas bien grave. Après le repas, nous regardons les actualités françaises sur TV 5 et dodo.

 LUNDI 22 SEPTEMBRE 2003

 Nous avons bien pris le rythme et question petit déjeuner, on fait encore plus fort que la veille. Ce n'est pas grave, nous ne mangerons pas ce midi (enfin ça c'est ce qu'on croit).

 Une fois prêtes, nous nous rendons à la sortie de l'hôtel pour prendre le bus. 2 dames attendent également. Un taxi arrive avec des clients de l'hôtel. Plutôt que de le laisser repartir à vide, nous lui demandons de nous descendre à Poros, nous nous en tirons pour 2,50 Euros pour 4 personnes, à ce tarif là, c'est encore plus avantageux que le bus. Nous discutons avec les deux dames, elles sont assez âgées mais très alertes. Nous les retrouvons à plusieurs reprises dans la journée et nous les trouvons très sympa. Nous les baptisons Simone et Suzanne, elles s’appellent en réalité Andrée et Lucienne. Elles sont d’Albertville.

 Tout en nous promenant, nous nous rendons dans les hauteurs de Poros, les petites ruelles sont magnifiques avec leurs maisons blanches et partout des bougainvilliers du rose presque blanc au rose très foncé tirant sur le violet, au fur et à mesure que nous montons, le paysage est de plus en plus chouette, nous avons la vue sur la mer avec en fond le continent. Nous arrivons au sommet de notre grimpette  au Monastère. Malheureusement, nous ne pourrons pas le visiter, il est en travaux comme beaucoup d'édifices en Grèce, Jeux Olympiques obligent….. . Nous mitraillons à tous les coins de rues. Nous sommes surprises de voir de si jolies maisons avec tant de Bazard  autour. Ici les gens ne savent pas ranger et il y a partout des restes de chantier, c’est vraiment dommage.  

 Après un petit tour sur le port, nous nous installons à la terrasse d'un café, pour Marie Christine ce sera un "tonic-wather". Ici il est bon, moins sucré que la limonade et moins amer que le schwepse, c'est un bon compromis entre les deux. Et pour moi un "frappé" with milk with out suggar.

 Tout en discutant nous observons les coutumes locales, c'est assez marrant.

 Il y a peu de voitures à circuler, tout le monde est à pied ou en deux roues, ça va du vélo à la petite moto, pas plus de 125 cm3. Tout est en état proche du pitoyable, personne ne porte de casque et les scooters font souvent office de transport en commun. Il n'est pas rare de voir 3 ou 4 personnes sur le même engin et quand il s'agit d'enfants, on les colle en sandwich entre deux adultes et "roule ma poule". A un moment un pépère en "2 pattes" arrive et vise une place. A l'endroit convoité, il y a une moto. Pourquoi se gêner, il descend de la voiture, enlève la moto, la met dans un tas un peu plus loin et prend la place. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Elle est pas belle la vie. Ici se garer en double, voir en triple file ne pose aucun problème. Pour la circulation tout le monde a la priorité sur les piétons et le véhicule prioritaire par dessus tout, c'est le taxi. Tout le monde klaxonne à qui mieux- mieux et ils téléphonent tous en conduisant. Les gens ont le tempérament méditerranéen ça braille.

  Nous sommes interpellées par tous les patrons des « tavernes » (restaurants) nous optons pour une au hasard, ce sera pour nous deux salades grecques : tomates, olives, féta et oignons) et une petite friture, c’est très bons et pas trop cher.

Une fois notre virée terminée, nous remontons à l’hôtel et un peu plus tard dans la soirée nous allons dans un autre monastère à pied, il est assez près de l’hôtel et celui là est ouvert. Pour les femmes il est interdit de rentrer en pantalon et tête nue. A l’entrée tout un tas d’oripeaux  sont prévus pour les touristes, nous nous mettons chacune une guenilles autour de la taille et une autre sur la tête, en se regardant ainsi accoutrées, l’envie de rigoler nous prend ce qui a l’air de déplaire à un Pop, ce dernier nous regarde avec un air peu amène, courage…. Fuyons, je me fais quand même prendre en photo car ça vaut la peine.

 Ensuite, nous rentrons à l’hôtel et après notre douche nous allons prendre notre apéro du soir, c’est un vrai rituel, nous nous installons face à la mer et nous sirotons tranquillement, c’est génial et dire que pendant ce temps là il y e a qui bossent « les pauvres ».

 Le soir nous demandons à nos mamies de partager leur table, elles acceptent volontiers et pendant le reste du séjour nous dînerons avec elles et à nous quatre on rigole bien « il y a de l’ambiance dans notre coin » .

  MARDI 23 SEPTEMBRE 2003

 Nous partons  en excusions à Hydra « ville des bijoutiers et des peintres ». à 9 h pétantes nous sommes prêtes pour l’embarquement, nous montons à l’étage afin de pouvoir profiter au maximum du paysage. La mer est calme et soleil luit déjà de tous ses rayons, la journée va sûrement être chaude.

 Sur cette île tous les véhicules à moteur sont interdits de cité, il n’y a que les ânes comme moyen de locomotion

  Ici les gens sont nettement plus speed qu’à Poros, sur le port ça bouge, les ânes défilent avec des touristes ou des matériaux de construction sur le dos. Les gens construisent eux même leur maison en s’entraidant. Il n’y a pas de pollution, on respire….

 Nous parcourons les rues et les ruelles, là aussi ça grimpe bien. Il y a de belles maisons peintes en blanc et bleu, le contraste est très joli Le long du port il y a des boutiques de bijoutiers un peu partout, la grande spécialité étant les bijoux en or, il y en a de magnifiques, dommages que nous n’ayons pas mi ça dans notre budget vacances car nous aurions pu en rapporter quelques spécimens les prix sont vraiment intéressants. Il y a aussi quelques peintres installés de ci de là et quelques expositions de peinture pour tous les goûts.

 Lors de notre promenade, nous rencontrons pas mal de chats, la plupart sont très maigres, on voit qu’ils ne sont pas entretenus et n’appartiennent sans doute à personne. A un moment nous passons devant un local à poubelles et là, il en sort plein, ceux –là sont un peu plus garnis, ils ont trouvé le bon filon. il y en a un qui ce la coule douce, il dort.....comme un gros matou.

 Le midi, nous mangeons ainsi que plusieurs pensionnaires de l’hôtel dans la taverne « chez Lulu » au menu : salade Grecque, puis agneau grillé et frites pour 5 Euros le menu, on aurait tort de se gêner. Après le repas, nous nous dirigeons vers le port ou nous faisons encore une fois du lèche vitrines, de temps en temps nous rentrons admirer les bijoux d’un peu plus près, les commerçants sont facilement prêts à faire des remises, mais comme je l’ai dit plus haut, la ligne bijoux n’a pas été inscrite à notre budget prévisionnel, dommage…

 Après cette bonne promenade, nous retournons à l’embarcadère et départ pour Poros, une escale est prévue en route pour que les baigneurs puissent en profiter. Marie Christine se jette à l’eau, moi je préfère rester sur le bateau car il faut plonger du bateau et j’ai la trouille.

Tout le monde s’accorde à dire que l’eau est bonne et chacun plonge et replonge, en plus elle est très claire et nous voyons les espadons évoluer. A notre retour, nous restons sur la plage de l’hôtel et là nous assistons à une scène digne d’un vidéo gag.  Un groupe d’Anglais rentre d’une excursion. Pour débarquer sa troupe, le capitaine installe une petite planche sans la fixer, on les voit tanguer les uns après les autres sur ce pauvre petit bout de bois pas bien large, et nous autres, Français avons déjà le scénario en tête, « il va bien s’en trouver un pour dégringoler » en fait, c’est Une, elle se prends une de ces gamelles, tombe à l’eau toute habillée avec ses sacs de souvenirs à la main, la pauvre se sort de là toute dégoulinante de partout et nous la bande de Français, nous sommes pliés de rire, rien que d’évoquer ce souvenir j’en ris encore. A table le sujet de conversation est vite trouvé.

 MERCREDI 24 SEPTEMBRE 2003

 Notre animateur Jérôme est en congé, il est remplacé pour deux  jours par un autre tout aussi gentil et qui se prénomme Yannick

 Nous avons mis au programme un tour sur le continent, cela nous permettra de voir Poros sous un autre angle et aussi de voir ce qui se passe de l’autre côté de notre île. Nous nous rendons d’abord dans le centre de Poros afin de prendre une embarcation. Nous prenons un bateau taxi  et à peine 10 minutes plus tard nous sommes sur le continent, la traversée coûte 50 centimes d’euro par personne. Ce n’est pas très cher et heureusement car là, tout de suite nous sommes déçues, ce n’est pas joli c’est le moins que l’on puisse dire, les rues sont encombrées dans tous les sens, il y a des travaux  partout, en fait, la couverture des maisons n’est jamais finie ce qui permet d’échapper à la taxe foncière, « futé ». Enfin tout n’est pas perdu, ici les supermarchés sont plus importants qu’en face et nous en profitons pour faire quelques emplettes, Ouzo, chewing-gum pour le retour en avion, différents souvenirs à rapporter  à nos proches. Dans un des supermarchés, il y a une belle présentation de pains, je fais une photo, elle sera pour Gégé, il paraît qu’il adore les photos de pains alors autant lui faire plaisir. Nous prenons quand même quelques photos de Poros pris « d’en face » puis nous décidons de rentrer, j’en profite pour retirer des sous et nous nous arrêtons dans notre taverne préférée et au menu encore une fois salade grecque et petite friture, c’est tellement bon qu’on ne s’en lasse pas. Après midi farniente sur la plage et après notre traditionnel « apéro » nous allons à table retrouver nos copines.

 JEUDI 25 SEPTEMBRE 2003

 Nous paressons un peu plus longtemps au lit, il faut dire que les vacances ça fatigue. Dès que nous sommes prêtes, nous descendons à la salle à manger pour prendre le petit déjeuner, je ne m’en lasse pas,  plus ça va et plus mon plateau est garni, avec tout ça, nous restons attablées pendant quasiment une heure. Une fois bien requinquée, nous partons pour Poros compléter nos emplettes de souvenirs en tout genre. Cette fois c’est fini, pour  Guillaume, ce sera l’Ouzo que j’ai acheté hier, pour Chrystelle, je prends un bracelet bleu, pour Boubou ainsi que pour les enfants Portier, des produits Jeux Olympiques et pour Jeanne un petit jouet car il y a peu de choses pour les petits enfants et les vêtements sont démodés d’au moins trois ans par rapport à ce qui se fait chez nous. Pour midi, nous nous arrêtons à l’Oasis et nous mangeons en entrée une salade grecque puis une bonne assiette de gambas et une glace à la pistache, c’est une spécialité de Poros, d’ailleurs un peu partout il y a des marchands pour nous proposer des « pistacs », nous cédons à la tentations et nous en achetons chacune un paquet que nous ramenons chez nous pour l’apéro.

 Après notre virée, nous rentrons à l’hôtel en taxi avec un couple qui comme nous a raté de dernier bus.

 En soirée, c’est un peu moins drôle, il faut que nous confirmions notre voyage de retour, si on pouvait on resterait bien encore un peu, mais bon…. Quand il faut, il faut.

 Une fois cette formalité accomplie, nous nous « sacrifions » à notre rituel journalier : apéro avec des olives hum, c’est bon.

 Après le repas il y a une soirée Grecque, nous repassons par notre chambre pour nous mettre en tenue de soirée, robe longue pour ces dames, on avait bien fait d’en prévoir une dans nos bagages. Nous assistons à une représentation de sirtaki et après les danseurs nous invitent à les rejoindre. Les danseurs se marrent comme des bossus et ne sont pas très concentrés sur ce qu’ils font.

A minuit la soirée est finie  nous restons sur notre faim. Nous regagnons notre chambre et histoire de prolonger un peu la soirée, je me déguise en « Fatma ». Ce n’est pas vraiment le pays, mais ce n’est pas grave. Je suis très jolie et Marie Christine me prend en photo.

 Et maintenant dodo !

 VENDREDI 26 SEPTEMBRE 2003

 

 

 

 

 

 

 

  Nous avons prévu de faire une excursion, au programme du jour, tour de l’Ile en bateau – embarquement prévu à 10 heures. Nous nous levons à 8 heures et après la douche et l’habillage, nous allons prendre le petit déjeuner, nous le prenons copieux comme toujours, puis nous passons une petite heure à la plage. A l’heure dite, nous sommes fin prêtes et nous nous dirigeons vers l’embarcadère et lorsque tout le monde est à bord, nous prenons le départ, la mer est un peu agitée et le soleil brille de mille feux, il va faire encore une belle journée. Les remous sont de plus en plus importants et notre capitaine décide de faire demi-tour car la mer bouge trop et notre embarcation n’est pas prévue pour être secouée comme ça. Nous nous dirigeons donc vers un endroit plus calme et nous stoppons en pleine mer, les amateurs de baignades s’en donnent à cœur joie, ça plonge de tous le côtés, tous rigolent bien et les spectateurs dont je fais partie aussi en les voyant s’amuser de la sorte, de vrais gamins. Il n’y en n’a qu’une qui ne rigole pas, pour elle, une journée à bord sans rien faire, c’est une journée de perdue, nous l’avons surnommée Madame Pisse-vinaigre, ça lui va très bien ! Nous on s’en fout, on est avec nos mamies et nous nous marrons bien. Le repas est servi à bord au menu : apéro maison, salade grecque, côtelettes d’agneau marinées dans le citron et  grillées au barbecue servies avec une salade de concombres au yaourt bien aillée, c’est délicieux. Nos deux animateurs Jérôme et Yannick nous accompagnent et nous prenons une petite photo souvenir. Nous nous faisons photographier avec nos mamies, seul regret je n’ai pas pris leurs adresses et je ne pourrais donc pas leur faire parvenir ce petit souvenir pourtant bien sympa.

 Après le repas, nous nous dirigeons vers une plage de sable fin, nous avons le droit de squatter les fauteuil de plage d’un hôtel et nous ne nous en privons pas, il fait toujours aussi chaud et nous profitons de l’escale pour nous baigner, cette fois je suis de la partie car le départ se fait de la plage et non du bateau, c’est plus facile pour moi.

 Nous reprenons le bateau 1 heure plus tard et nous rentrons à l’hôtel une heure plus après enchantée de notre escapade. Comme il fait encore bien chaud, nous nous installons sur notre plage pour lézarder encore un peu. Nous pensons à notre retour et ça ne nous dit rien qui vaille, mais faut bien s’y faire.

 

 

 

  SAMEDI 27 SEPTEMBRE 2003

 Hélas, c’est le jour du départ, nous prenons notre douche et l’idée de remettre nos affaires dans les valises nous casse déjà les pieds. Nous voulons quand même profiter de notre dernier jour au maximum.

 Nous prenons notre petit déjeuner et nous en profitons pour « amasser » quelques provisions de bouche pour notre repas du midi, Nous prenons chacune un œuf dur, des fruits secs, des fruits frais et des petits gâteaux, il doit nous rester aussi du raisin que nous avions acheté dans la semaine et que nous n’avons pas tout mangé.

 Une fois les valises terminées, nous les descendons à un endroit qui nous a été indiqué, il y a là tous les bagages des gens qui partent aujourd’hui. Nos pauvres petites valises, elles sont perdues dans tout ce déballage….

 Nous partons faire les dernières photos de Poros, enfin quand je dis nous, je ferais mieux de dire Marie Christine car moi, j’ai oublié mon appareil photo. Elle prend entre autre un ex-voto, des citronniers, des oliviers, un palmier (ça c’est pour moi).

 En revenant de promenade nous nous installons à la plage et lorsque nous avons faim, nous mangeons notre repas de midi, l’après midi se passe entre baignade et reposette sur les transats.

 A 16 heures, je monte au niveau 0 où une chambre a été mise exprès à la disposition des partants, vraiment, ici, tout est fait pour que les touristes se sentent le mieux possible. Je peux ainsi profiter d’une bonne douche avant de remiser définitivement serviette et maillot de bain dans la valise..

 A 17 heures un bus vient nous chercher ( nous sommes environ une douzaine de touristes à partir) pour nous déposer au port de Poros, de là nous reprenons un hydroglisseur, le voyage se passe mieux  qu’à l’aller, nous sommes moins secouées et nous avons moins froid.

 Arrivés au Pirée quelques taxis nous attendent pour nous emmener dans un hôtel à Athènes. Il y en a qui ont cru leur dernière heure arrivée. Un des taxis traverse un passage au niveau juste au moment où le train arrive, il n’a que le temps de  passer. Arrivés à l’hôtel, nous remarquons qu’une des dames de notre groupe est toute pâle, elle a eu vraiment très peur…

 Dans cet hôtel nous retrouvons un autre groupe et tout le monde part de là en direction de l’aéroport. Le voyage dans Athènes de nuit est plutôt sympa, nous traversons de jolies avenues avec de belles boutiques que nous n’avions pas vues à l’aller.

 Le départ est prévu à 21 heures, nous avons donc le temps d’aller dans les boutiques de détaxe, Marie Christine achète de l’eau de toilette pour son Homme à un prix plus que convenable.

 Nous recommençons les formalités d’usage et nous embarquons dans l’avion. Nous retrouvons notre groupe du Crédit Agricole de l’aller. Je ne sais pas pourquoi, nous ne sommes pas placées ensemble, j’en fait part à une hôtesse de l’air qui promet de faire le nécessaire dès que l’avion aura décollé et elle tient parole.

 Nous avons bien fait de profiter de la vue à l’aller car le retour se passe de nuit et nous ne voyons rien. Il y a quelques turbulences mais malgré tout le vol se passe très bien. Un repas chaud nous est servi vers 22 h 00 et à minuit nous atterrissons à Nantes.

 Nous avions pris la précaution de regarder la météo sur TV5 avant de partir, nous avons bien fait car il pleut et il ne fait pas chaud. Nos vêtements de pluie sont dans les bagages à main et une fois les valises récupérées nous les enfilons avant de sortir.

 Nous retournons dans notre chambre, il est environ 1 h 30 du matin, nous sommes fatiguées et nous nous endormons assez vite la tête pleine de rêves de notre si joli séjour.

 

 

  DIMANCHE 28 SEPTEMBRE 2003

  Le réveil vient de sonner, debout là dedans, il faut se lever pour aller à la gare. Notre petit déjeuner nous paraît bien piteux à côté de ce que nous avions d’habitude. Nous avons gardé un peu de pain de notre repas dans l’avion ainsi qu’un peu de beurre, comme nous n’avons pas de couteau pour l’étaler nous nous servons de l’opercule du beurre, ça fait un peu barbouille et nous arrosons le tout d’un café de distributeur, c’est quand même pas terrible au vu de ce que nous avons eu toute la semaine.  Le dimanche il n’y a pas de navette entre l’aéroport et la gare, nous sommes donc contraintes de prendre un taxi. 

Nous avons la chance d’avoir le même train jusqu&rsqu

Par DEQUIDT - Publié dans : mariebrigitte
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